Le cancer de la vessie en tenue de camouflage

Le cancer de la vessie en tenue de camouflage

19.10.2010
Selon un travail français, une protéine nommée lactadhérine permet au cancer de la vessie d’échapper au système immunitaire. L’espoir est donc de pouvoir inactiver cette protéine protectrice.
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    Le cancer de la vessie en tenue de camouflage

POURQUOI le système immunitaire n’intervient-il pas contre les cellules tumorales ? Des éléments de réponse à cette question constituent tout l’intérêt du travail mené à l’Institut Curie sur le cancer de la vessie par des chercheurs de l’INSERM et du CNRS en collaboration avec plusieurs hôpitaux d’Ile-de-France.

Les équipes de Clotilde Théry et de François Radvanyi ont en effet découvert que la lactadhérine peut aider les cancers de la vessie à passer inaperçus aux yeux du système immunitaire.

Il faut se rappeler que des travaux antérieurs ont déjà montré que la lactadhérine est surexprimée dans certaines tumeurs. « Dans les tumeurs de la vessie, on a d’ailleurs constaté que plus la tumeur est agressive, plus la lactadhérine est présente en grande quantité », explique Clotilde Théry. Mais il fallait comprendre quel rôle joue cette protéine.

Si, en présence de lactadhérine, les tumeurs de la vessie se développent plus vite et sont plus agressives, en revanche, ce phénomène n’est pas observé lorsque le système immunitaire est défaillant. Mais comment expliquer qu’une défaillance du système immunitaire soit associée à une moindre agressivité tumorale, ce qui semble paradoxal ? Chez les patients atteints de cancer de la vessie, les chercheurs ont découvert que la surexpression de la lactadhérine est associée à une forte présence, dans le site de la tumeur, d’une sous-population de lymphocytes T, les cellules Treg. Or, ces cellules permettent de freiner les réponses immunitaires pour éviter qu’elles s’emballent. La lactadhérine stimulerait leur production et freinerait ainsi la réponse du système immunitaire contre les cellules tumorales.

De plus, la lactadhérine participe probablement également à l’interaction harmonieuse des cellules tumorales avec leurs voisines normales.

La prochaine étape sera d’inhiber la lactadhérine pour voir si cela limite l’évolution des cancers de la vessie.

G. Sugano et coll. « Oncogene », 16 octobre 2010.

Quotimed.com, le 18/10/2010

 Dr EMMANUEL DE VIEL
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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