Les pharmacies françaises se dotent progressivement d'un logiciel informatique dans équivalent à l'étranger pour mieux gérer les ruptures d'approvisionnement de médicaments, a annoncé jeudi l'Ordre des pharmaciens. Au bout de 72 heures, l'outil, baptisé DP-Ruptures (DP pour dossier pharmaceutique), signale automatiquement à l'industriel le ou les médicaments manquants, a expliqué Isabelle Adenot, sa présidente lors d'une conférence de presse.
"Trois mille pharmacies sur les 22.000 que compte la France métropolitaine et Outre-Mer ont déjà adopté ce logiciel. Fin 2016, ce sont 15.000 à 16.000 qui utiliseront cet outil", a-t-elle précisé. Elle a cité l'exemple de l'île de la Réunion où une épidémie de conjonctivite a commencé à sévir fin février 2015. Lorsque les messages d'alertes des pharmacies ont afflué vers le laboratoire fabricant pour signaler le collyre antibactérien manquant, l'industriel a envoyé immédiatement le médicament par avion.
La France a connu dix fois plus de ruptures d'approvisionnement de médicaments d'intérêt thérapeutique majeur (MITM) en 2014 qu'en 2008. La durée moyenne de ces ruptures était de 94 jours, tous médicaments confondus, en 2013. Chaque jour, 5% des médicaments sont en rupture. Les causes de ces pénuries sont multiples : problèmes de production, d'approvisionnement en matières premières, capacités industrielles, etc.
"Cet outil ne changera rien aux ruptures" de stocks, reconnaît Isabelle Adenot, mais elle insiste sur le fait qu'en anticipant les ruptures d'approvisionnement, les pharmacies seront mieux à même de les résoudre. Les ruptures d'approvisionnement, qui affectent aussi bien les pharmacies que les hôpitaux, sont devenues "un enjeu de santé publique", estiment en effet les pharmaciens.
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