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Ronflement de fin de grossesse : un danger pour la mère et le fœtus

 27/09/2012
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L’apparition d’un ronflement au cours du troisième trimestre de la grossesse pourrait être un signe très en faveur d’une hypertension artérielle gestationnelle ou d’une pré-éclampsie. C’est la conclusion d’une étude originale publiée dans une revue américaine de gynécologie-obstétrique* qui explique aussi pourquoi ces deux conditions, hypertension durant la grossesse et troubles respiratoires du sommeil, partagent des mécanismes physiopathologiques communs.

Une étude prospective sur près de 2 000 femmes

Sur une cohorte de 1 719 femmes suivies entre 2007 et 2010, 34,1 % (n = 584) ont rapporté un ronflement au cours du troisième de la grossesse ; 66 % étaient non-ronfleuses (ni avant ni pendant la grossesse), 25 % le sont devenus pendant la grossesse, et 9 % l’étaient de façon chronique.

Après ajustement, seul le ronflement survenu au cours du troisième trimestre (et non le ronflement chronique) est apparu comme facteur indépendant associé avec l’hypertension gestationnelle (OR : 2,36 ; IC à 95 % , 1,48-3,77 ; p ‹ 0,001) et de pré-éclampsie (OR 1,59 ; IC à 95 %, 1,06-2,37 ; p = 0,024). Aucune corrélation n’est apparue entre ronflement et diabète gestationnel mais l’indice de masse corporelle avant la grossesse et une prise de poids excessive durant la grossesse jouaient également un rôle dans l’hypertension gestationnelle.

Selon les auteurs, cette étude est la première à démontrer qu’un ronflement qui survient pendant la grossesse augmente le risque de décès maternel d’origine cardiovasculaire. De plus, si la part de risque attribuable au ronflement est bien en cause, environ 14 à 19 % des troubles hypertensifs de la grossesse pourraient être améliorés par le traitement des ronflements, notamment la CPAP actuellement à l’étude.

Dysfonction endothéliale, stress oxydatif et inflammation

Le mécanisme physiopathologique de la prééclampsie qui n’est pas complètement connu met en jeu des phénomènes de dysfonction endothéliale, de stress oxydatif et d’inflammation où l’obésité, elle aussi, tient un rôle majeur. Ce processus pathologique met directement en cause le placenta, qui dès le début de la grossesse, serait mal implanté et entraînerait des anomalies du développement vasculaire. Ces mêmes anomalies – stress oxydatif et inflammation sont aussi décrites dans la morbimortalité associée aux troubles respiratoires du sommeil. Il y a donc quelques similitudes et quelques chevauchements qui pourraient expliquer les résultats inédits de cette étude prospective.

›Dr ANNE TEYSSÉDOU-MAIRÉ

* American Journal of Obstetrics &Gynecology, doi :1010.1016/j.ajog.2012.08.034

 
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