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Spasticité et hyperréflexie autonome : des facteurs déclenchants

 27/03/2012
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La spasticité et l’hyperréflexie autonome peuvent être induites par des facteurs déclenchants communs, touchant en particulier la sphère urogénitale. Des mesures préventives sont impératives pour éviter une hyperréflexie autonome lors de la pratique de certains examens.

Spasticité

LA spasticité, exagération du réflexe d’étirement, est fréquemment rencontrée chez les blessés médullaires. Elle peut entraîner des douleurs et une gêne fonctionnelle parfois très invalidante, pouvant gêner le sondage ou la préhension, voire des déformations des membres par rétraction musculotendineuse. En cas d’aggravation des troubles ou d’apparition d’une spasticité chez un blessé médullaire, une « épine irritative » doit être recherchée : toute stimulation nociceptive sous-lésionnelle (escarre, infection ou lithiase urinaire, fissure anale, hémorroïde…) peut en effet aggraver la spasticité.

Outre le traitement d’un éventuel facteur causal, la prise en charge vise à réduire les douleurs et la gêne fonctionnelle. Un traitement médicamenteux, de type baclofène per os peut être institué en cas de spasticité généralisée. Dans les formes résistantes, le principe actif peut être délivré par voie intrathécale par un système de pompe. Lorsque la spasticité est focalisée, par exemple au niveau d’un groupe de muscles comme les fléchisseurs des doigts, un traitement local par injection de toxine botulique peut être proposé.

Hyperréflexie autonome

Un autre risque particulier présenté chez les blessés médullaires ayant une lésion au-dessus de D5 est l’hyperréflexie autonome. Il s’agit d’une hyperactivité sympathique en réponse à une stimulation nociceptive sous-lésionnelle, qui se traduit par une vasoconstriction dans le territoire splanchnique. Comme pour la spasticité, les stimuli en cause sont divers : vessie mal stabilisée, lithiase, escarre, fécalome… Mais une hyperréflexie autonome peut survenir au cours d’une exploration urinaire, gynécologique ou digestive, ou lors d’une éjaculation induite par stimulation vibratoire pénienne.

Elle se manifeste par l’apparition souvent brutale d’une poussée tensionnelle, avec une augmentation de deux points sur la systolique, avec céphalées, rougeur, sudation et une bradycardie réflexe, suivies d’une hypotension artérielle secondaire. Cette augmentation tensionnelle est souvent non diagnostiquée par le fait que ces patients ont une hypotension de base. Une tension systolique à 14 peut très bien chez ces patients entraîner des complications. Elle peut, dans les formes sévères, entraîner des convulsions, une arythmie, voire, dans de rares cas, le décès du patient.

Ce phénomène doit absolument être connu, car il implique de prendre des mesures préventives lors de la pratique de certains examens : anesthésie locale, régionale voire générale (y compris en cas de lésion complète) et surveillance de la pression artérielle, qui est physiologiquement plus basse chez les blessés médullaires que dans la population générale. « Notamment, un simple frottis cervicovaginal chez une femme tétraplégique doit être réalisé sous anesthésie locale », précise le Pr Pierre Denys.

› DR I. H.

D’après un entretien avec le Pr Pierre Denys, service de médecine physique et de réadaptation, hôpital Raymond-Poincaré, Garches.

 
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