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La vie impossible - ou presque - sans aimants

 08/08/2012
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Peut-on vivre sans aimant ? On peut se poser la question tant ils sont nombreux, diversement implantés, utilisés à des fins diagnostiques ou thérapeutiques... Mais surtout ne pas y goûter.

 

 

• L’aimant de la vache

Avaler un aimant, une banalité pour une vache. Car c’est une pratique courante chez les éleveurs. Les objets de métal avalés avec le foin peuvent faire de nombreux dégâts et c’est la raison pour laquelle il faut donner des aimants aux jeunes vaches. L’aimant va rassembler la quincaillerie avalée par mégarde qui restera dans le premier estomac toute la vie de l’animal. En 1984, des canadiens publient «  les abcès consécutifs à l’administration orale d’un aimant à une vache ». Il s’agit là de l’histoire tout à fait sérieuse d’une vache Holstein de 5 ans, chez laquelle un aimant alla s’encapsuler près de l’os stylo hyoïdien après avoir perforé le pharynx ; s’en suivit une série de symptômes : ptyalisme, dysphagie, hyperthermie, dyspnée, bradycardie et dépression qui dura 48 heures précisent les auteurs. Bref, la vache a été abattue et la tête analysée pour examen anatomopathologique, lequel révéla la cause de tous ces symptômes.

• Les aimants délétères

Chez l’homme et surtout chez l’enfant il en va tout autrement. Les aimants ingérés le sont par mégarde. Le New England Journal of Medicine rapportait en 2009 des cas d’occlusions intestinales survenus chez deux jeunes enfants, l’un de 9 ans ayant absorbé 23 aimants, l’autre de 13 ans en ayant ingéré 13.

• Conduite à tenir face à un aimant, voire deux ou trois

Les cas d’ingestion d’aimants sont si nombreux qu’en janvier 2012, une équipe américaine publiait à propos de 4 cas chez des enfants de 8 à 13 ans, une conduite à tenir. Les tableaux cliniques inauguraux étaient très différents d’autant que les patients consultent entre 1 et 18 semaines après l’ingestion.

• Un aimant peut en cacher un autre

L’arbre décisionnel de la « conduite à tenir face à un aimant » est relativement simple . 3 branches en tout est pour tout. Faire 2 ASP : un aimant peut en cacher un autre (cqfd).

• L’aimant qui zone dans la région du cœur

Quittons le système digestif pour zoner un peu plus haut. Une idée apparemment « folle » pourrait ouvrir la porte d’un traitement de l’infarctus du myocarde. Comment faire pour apporter en masse des cellules souches sur la zone infarcie et les faire prospérer in situ ? Tout bêtement, a suggéré une équipe française en les mêlant à de fines particules métalliques et en les attirant vers le cœur avec un aimant.

• L’aimant voyeur

Il y a des aimants qui s’accrochent dont on n’arrive pas à se débarrasser. Autant les utiliser dans tous les champs magnétiques relatifs au diagnostic médical. L’IRM nécessite un champ magnétique puissant et stable produit par un aimant supraconducteur qui crée une magnétisation des tissus. En 20 ans d’utilisation, l’IRM cardiaque a connu une mini révolution, comme les bilans d’extension de cancer.

• L’aimant qui chatouillait l’oreille

Celui-ci se cache derrière l’oreille. Utilisé dans les surdités sévères, l’implant cochléaire contrairement à la prothèse auditive stimule directement le nerf. Dans les surdités très sévères, les restes auditifs sont absents ou insuffisants pour être exploitable par les prothèses. L’implant cochléaire exploite le mode de fonctionnement tonotopique du nerf auditif en stimulant pour restituer des perceptions de sons graves, médiums et aigus ce qui facilite la discrimination de la parole. La partie externe de l’implant, ou processeur, et la partie interne, récepteur/stimulateur, sont mises en relation à l’aide d’un système d’aimants.

• L’aimant volontaire, un tantinet écolo

D’autres ont la vocation écologiste et volent au secours de la marée noire. Outre-manche, des chercheurs de l’université de Bristol (Grande-Bretagne) ont mis au point un savon aimanté, en lui incorporant une molécule de fer qui, dans l’eau, réagit à un champ magnétique. Contrôlé par un simple aimant, le savon riche en fer pourrait servir au nettoyage des marées noires.

• L’aimant intelligent, voire malin

Inspirés par leurs collègues britanniques, des chercheurs spécialisés de l’Institut Laue-Langevin (ILL) de Grenoble dans les sciences des neutrons ont mis à profit la découverte du savon magnétique. L’équipe grenobloise a observé avec étonnement que le fer, qui n’a aucune propriété magnétique dans l’eau, se comporte différemment avec les savons.

• Les aimants, les vrais…

Au Moyen-Âge, on explique la symptomatologie de l’hystérique par la possession diabolique (période terrifiante des procès de sorcellerie) . Le caractère surnaturel de l’hystérie prend fin à la Renaissance et les neurologues Briquet et Charcot postulent la localisation de l’hystérie dans le cerveau. Les aimants et l’hypnose sont alors désignés comme des modalités privilégiées pour accéder non pas à la lésion anatomique mais à la dysfonction.

 
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