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La clé d’une nouvelle maladie rare chez 3 enfants

 30/10/2012
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Chez trois enfants issus de deux familles différentes, des Français ont montré le rôle du gène HOIL1 dans une association paradoxale d’un déficit immunitaire avec une maladie auto-inflammatoire chronique et un déficit musculaire. Ce travail confirme l’influence de la génétique sur la réponse de l’organisme aux agents infectieux.

Ces trois enfants, dont 2 pris en charge à l’hôpital Necker - Enfants Malades, étaient touchés par trois pathologies simultanées : des infections invasives bactériennes (pneumocoques ou autres), une maladie auto-inflammatoire (fièvres récurrentes héréditaires) et une amylopectinose (déficit musculaire pouvant atteindre le muscle cardiaque notamment). Deux des enfants appartenaient à la même fratrie. Ce qui a attiré l’attention sur l’origine génétique héréditaire de cette maladie.

C’est dans ce contexte que des études génétiques poussées ont été conduites par Capucine Picard, l’équipe de l’unité INSERM 980/Université Paris-Descartes, dirigée par Jean-Laurent Casanova, et des chercheurs d’un laboratoire CNRS/Institut Pasteur, dirigé par Alain Israël. Résultat : les chercheurs ont identifié le défaut génétique responsable des 3 pathologies observées chez les patients, à savoir des mutations du gène HOIL1.

« Le défaut complet d’expression de ce gène, explique un communiqué, entraîne un fonctionnement défectueux des défenses immunitaires. Néanmoins, ce qui rend cette pathologie unique est le fait que, selon le type de cellules impliquées dans l’immunité, le défaut génétique ne s’exprime pas de la même manière. D’une part, le gène muté est responsable d’une trop forte réponse des leucocytes, expliquant la maladie auto-inflammatoire. D’autre part, à l’inverse, ce même défaut génétique provoque un défaut de réponse dans d’autres cellules, expliquant la susceptibilité de ces enfants aux infections bactériennes. »

La molécule HOIL1 codée par le gène en question est responsable d’une instabilité du complexe de molécules LUBAC qui joue un rôle dans la transmission du signal reçu par les cellules immunitaires lors d’une infection. Ces données suggèrent que le défaut génétique de HOIL1 chez l’homme est responsable d’un défaut secondaire du complexe LUBAC ; et que LUBAC contrôle la réponse immunitaire différemment selon les types cellulaires.

C’est la première fois que l’on constate une déficience de LUBAC chez l’homme.

La découverte de ce nouveau défaut génétique chez 3 enfants (France et Italie) va peut-être permettre l’identification de nouveaux patients dans d’autres régions du monde.

› Dr EMMANUEL DE VIEL

Bertrand Boisson et coll. Nature Immunology, 28 octobre 2012.

 
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