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Un anatomiste russe aurait isolé le point G

 03/08/2012
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Hypothétique puis insaisissable, le point G a suscité des débats enflammés. Il a maintenant une existence anatomique, puisqu’Adam Ostrzenski annonce l’avoir disséqué sur le cadavre frais d’une femme de 83 ans.

Pendant des siècles, les femmes ont fait état d’un gonflement de la partie supérieure du vagin antérieur au cours de l’excitation sexuelle. En 1950, Ernest Gräfenberg illustrait pour la première fois cela, en publiant ses travaux sur « le rôle de l’urèthre dans l’orgasme féminin ». Ainsi nommé en raison de l’initiale du nom de celui qui l’a décrit, le point G avait par la suite et pendant longtemps continué à être considéré comme un simple concept d’un phénomène qui exprimait des expériences sexuelles personnelles chez les femmes. L’absence d’identification d’une structure anatomique avait été à l’origine de longues controverses.

Au cours de ces dernières années, les données scientifiques étayant la présence physique du point G se sont accumulées. Un gène a été identifié en 2008, il fait même partie des sondes ADN incluses dans des puces à ADN. L’enregistrement des activités électriques du vagin (électrovaginogramme) a documenté l’existence d’un pacemaker dans la paroi antérieure du vagin, d’où sont propagées des ondes électriques. En 2004, un auteur a estimé que ce centre de stimulation et le point G ne font qu’un.

Maintenant, pour la première fois, un anatomiste présente la réalité anatomique du point G. Adam Ostrzenski de l’Institut de gynécologie de Saint-Pétersbourg, a conduit une dissection stratum par stratum, de la paroi antérieure du vagin sur le cadavre frais d’une femme de 83 ans décédée la veille d’un traumatisme crânien.

Un sac

La dissection établit « la présence d’une structure bien délimitée, située sur la membrane périnéale, à 16,5 mm de la partie supérieure du méat uréthral, faisant un angle de 35° avec le bord latéral de l’urèthre ». Le point G est identifié comme un sac dont les parois sont formées en une sorte de tissu fibro-conjonctif. Ostrzenski est parvenu à cette observation en réalisant une dissection par un procédé différent des procédures gynécologiques usuelles. « Cette structure a été facile à observer et apparaît bien délimitée. »

La documentation anatomique apportée par cette étude indique la présence des glandes de Skène péri-uréthrales et de conduits de Skène para-uréthraux, situés entre la partie inférieure de l’urèthre et la partie supérieure du vagin, et qui forment en fait ce qui a été désigné sous le terme de point G.

Pour Ostrzenski, « il paraît raisonnable d’accepter la notion que les femmes sont équipées anatomiquement d’un point G, situé sur la paroi antérieure du vagin et qui est sensible à la stimulation ».

Les résultats de cette étude devraient avoir un impact significatif sur la pratique et la recherche cliniques.

› Dr BÉATRICE VUAILLE

Journal of Sexual Medicine, 25 avril 2012; doi 10.1111/j.1743-6109.2012.02668.x.

Article paru dans « le Quotidien du Médecin » du 3 mai 2012

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Les Commentaires | 3 commentaires
 
Le 03/08/2012 à 14h53
Profession : Médecin
« Aucun gène ne correspond au point G ! L’article cité en référence 6 par Ostrzenski pour étayer cette affirmation erronée porte en fait sur un G spot défini par une séquence de quatre guanines ou plus ! C’est d’ailleurs connu : où il y a du gène il n’y a pas de plaisir ! »
Le 03/08/2012 à 11h49
« Cette structure ne coïncide-t-elle pas avec le fascia de Halban ? Selon l'exemple de mes maîtres, je me suis appliqué à bien disséquer puis exciser une formation fibroconjonctive à cet emplacement au cours du traitement des cystocèles, pour donner appui à une plicature de soutien. Efficace au point de vue mécanique, mais retentissement fonctionnel ? Les opérées n'étant pas toutes du 3e âge. »
Le 03/08/2012 à 07h54
Profession : Médecin
« Crise, récession, etc... Enfin une bonne nouvelle ! Profession : Médecin. »

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