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Prolonger une réanimation cardiaque améliore les chances de survie

 07/09/2012
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Après un arrêt cardiaque, prolonger une réanimation de 10 à 15 minutes augmente les chances de survie du patient. C’est ce que révèle une étude du « Lancet » menée sur un nombre impressionnant d’arrêts cardiaques survenus au cours d’une hospitalisation. Elle met en exergue la grande disparité des temps de réanimation selon les hôpitaux, et quelques idées préconçues concernant le pronostic neurologique.

De l’aveu même des auteurs, peu de données sont connues sur la durée recommandée de la réanimation après un arrêt cardiaque chez des patients hospitalisés : même les recommandations des sociétés savantes sont peu précises sur le moment opportun pour stopper une tentative et laissent ce choix difficile au libre arbitre du clinicien. Entre 1 et 5 sur 1 000 patients hospitalisés présentent un arrêt cardiaque dans les pays développés et moins de 20 % en réchappent.

17 minutes de réanimation en moyenne

Dans cette nouvelle étude publiée dans « The Lancet », Zachary D Goldberger (Etats-Unis) et coll. ont calculé la durée médiane de réanimation avant la fin des efforts chez les non-survivants à un arrêt cardiaque survenant au cours d’une hospitalisation, cette donnée étant le meilleur paramètre pour évaluer les tentatives les plus longues.

Entre janvier 2000 et août 2008, 64 339 arrêts cardiaques survenus chez des patients hospitalisés ont été recensés dans 435 hôpitaux ; 20,1 % des arrêts étaient liés à une tachycardie ou une fibrillation ventriculaire et dans 79,9 % à une asystolie ou une activité électrique sans rythme. Le critère primaire de l’essai était le retour d’une circulation spontanée et le taux de survie. Les patients ressuscités ont été répartis en 5 groupes en fonction des performances neurologiques, les groupes scorés 1 et 2 ayant un pronostic favorable.

48,5 % des patients ont récupéré une circulation spontanée et 51,5 % sont décédés à la fin des efforts de réanimation. La durée moyenne de la réanimation a été de 17 minutes (IQR 10-26) dans l’ensemble de la population étudiée (incluant survivants et décédés), de 12 minutes (IQR : 6-21) pour les survivants qui ont recouvré une circulation spontanée et de 20 minutes (14-30) pour les patients décédés. Chez les survivants, la durée moyenne d’hospitalisation a été de 8,3 jours.

Les hôpitaux ont été répartis en quartiles établis selon que la durée médiane de la réanimation des non-survivants avait été de 16, 19, 22 ou 25 minutes. Les sujets inclus dans le quartile supérieur (plus de 25 minutes) avaient significativement plus de chance de récupérer une circulation spontanée (p inférieur à 0,0001) que ceux du quartile inférieur et le taux de survie après hospitalisation était également supérieur (p = 0,021). La proportion de patients survivants avec un statut neurologique favorable (score 1 ou 2) n’était pas statistiquement différente entre les quartiles (p = 0,858). Toutefois, selon les auteurs, les scores médians et moyens aux tests neurologiques étaient légèrement supérieurs lorsque la durée de la réanimation avait été plus longue.

Selon les auteurs, il faut réanimer plus longtemps que naturellement, et, dans tous les cas, prolonger la réanimation de 10 à 15 minutes améliore les chances de survie des patients.

En pratique ?

Ces résultats auront-ils une traduction clinique ? « Cette étude est menée à partir d’un registre observationnel, explique le Pr Pierre Carli (hôpital Necker, Paris), et c’est la réalité qui est observée. Elle montre que les arrêts cardiaques survenant à l’hôpital sont différents de ceux survenant en dehors de l’hôpital : les premiers sont plus liés à l’asystolie et à la dissociation électro-mécanique par état de choc ou détresse respiratoire, les derniers, à fibrillation ventriculaire et la mort subite. L’idée de restreindre très vite la réanimation est donc inadaptée à la réanimation des patients à l’hôpital, il faut au contraire la prolonger. Il a également des procédures qui ne sont pas mentionnées dans cet article, notamment la CEC qui améliore encore la réanimation. »

Dr ANNE TEYSSÉDOU-MAIRÉ

« Lancet » publié en ligne le 5 septembre 2012

 
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