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Décès de J.-L.Delarue : le cancer gastrique souvent révélé par une complication

 17/12/2012
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À l’occasion du décès du présentateur de télévision Jean-Luc Delarue des suites d’un cancer gastrique qu’il avait lui-même annoncé, « le Quotidien » fait un point sur ce cancer, souvent silencieux, se révélant parfois par une complication, notamment une carcinose péritonéale dont le pronostic reste gravissime. Explications avec le Pr Philippe Rouanet (Centre Val d’AurelleMontpellier).

Le cancer gastrique est un cancer en nette régression, d’une part, pour des raisons historiques, en relation avec l’amélioration de la conservation des aliments, et, d’autre part, en raison de l’identification et du traitement du germe qui favorise la cancérogenèse, représenté par Helicobacter pylori.

On connaît trois types de facteurs prédisposants : alimentaires, génétiques et infectieux.

Schématiquement, on peut se trouver devant un tableau ou le diagnostic est évoqué devant des signes d’appel : épigastralgies, pyrosis, douleurs. L’examen par fibroscopie montre la lésion et éventuellement la présence d’H. pylori.

Un staging est réalisé, et des examens exploratoires : scanner thoraco-abdomino-pelvien, échographie endogastrique, IRM, voire PET-scan pour explorer des adénopathies.

Devant un stade T2-T3, ce qui est la forme la plus fréquente, on réalise une chimiothérapie d’induction suivie d’une gastrectomie.

Le cancer gastrique peut être révélé par d’autres complications : occlusion, perforation ou des métastases (hépatiques, pulmonaires ou un autre syndrome métastatique…). La carcinose péritonéale est un mode évolutif fréquent et de pronostic gravissime, conduisant au décès souvent rapide.

Manque de critères d’agressivité

Le cancer gastrique se caractérise par ailleurs par une absence de critères biologiques permettant d’apprécier son agressivité. Il y a des formes agressives, rapidement évolutives et d’autres qui le sont moins. Or, la seule classification existante qui est une classification anatomique, qui ne permet pas de rendre compte de cela. Sur un plan histologique, on peut être face à une linite gastrique (aspect ligneux de l’estomac) de pronostic très sombre, ou à un adénocarcinome dont le diagnostic de gravité est plus difficile à appréhender.

On n’a donc pas à l’heure actuelle de facteur pronostique de l’agressivité de ces cancers. De ce fait, certains peuvent être sous-traités et d’autres sur-traités.

Des recherches sont menées sur l’antigène HER-2, exprimé par certaines tumeurs, avec la présence d’anticorps spécifiques. Or, il n’est pas exprimé dans plus de 5 % des cancers de l’estomac.

La survie s’est globalement un peu améliorée. Dans les formes agressives, qui se présentent sous la forme d’une carcinose péritonéale, on reste démuni. On retarde peu l’évolution de la maladie. Dans la forme non agressive, on dispose de plusieurs protocoles de chimiothérapie néo-adjuvante, notamment le Folfox (5 fluoro-uracile et acide folique, comme pour d’autres adénocarcinomes), suivies d’une gastrectomie avec curage ganglionnaire.

› Dr BÉATRICE VUAILLE

 
Les Commentaires | 4 commentaires
 
Le 26/12/2012 à 09h33
Profession : Médecin
« Avouer son cancer et sa consommation de cocaine , certains chanteurs l'avaient précédé dans le club de ses 2 diagnostics. »
Le 25/12/2012 à 12h35
Profession : Médecin
« Il y a vingt ans, mon patron, Pr Houdard neurochirurgien à Lariboisière, disait toujours qu'il n'y a pas de cancer sans VS augmenté. C'est toujours d'actualité de nos jours. Par ailleurs, la transformation des cellules métaplasiques en cellules cancéreuses se font sur un lit inflammatoire (processus agression-réparation répétés pendant des années, le mésothélium malin des plèvres (amiante) par exemple) et durant des années avant de devenir tumeur décelable soit à la palpation, soit à la radio, soit au stade des complications. Pour ma part, le cancer ne tombe pas du ciel, il a une logique de génèse propre à lui. Sur la base des patients à risque, sur des signes cliniques d'appel, une biologie adaptée permet de soupçonner l'existence d'une transformation néoplasique et de déclencher soit un bilan plus détaillé amenant à des biopsies parfois positives et à des traitements moins lourds qu'au stade tumoral, ou au stade des complications. Pour des cas "bordelines", la surveillance est de règle afin d'éviter le plus possible avoir la surprise d'une tumeur ad-hoc toujours traumatisante. »
Le 25/12/2012 à 08h57
Profession : Médecin
« Nous ne pouvons pas tirer des conclusions "statitisques" au niveau de l'échantillon d'un médecin. Pour ma part, au moins 4/5 cancers gastriques chez des non fumeurs, non buveurs dans une clientèle sur 28 ans, 4 cancers du rein en deux ans ? »
Le 24/12/2012 à 18h46
« 1 vous pourriez prononcer le mot «alcool» et même, comble de l'audace, « tabac » 2 mais, peut-être en raison de ma clientèle très peu alcoolisée dans l'ensemble, en 40 ans de médecine et 30 ans d'exercice libéral, je n'ai vu qu'un seul cancer de l'estomac, et c'est un lymphome. Pas de chance Delarue . 3 Y a-t-il des fibroscopies abusives ?» DRMA 13 700

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