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Un vaccin anti-nicotine fait un tabac chez la souris

 28/06/2012
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Des chercheurs ont développé un vaccin génétique pour prévenir la dépendance à la nicotine ; son évaluation chez la souris se montre très prometteuse.

Ce vaccin repose sur un vecteur AAV (virus adéno-associé) portant la séquence génétique d’un anticorps anti-nicotine, et destiné à transfecter uniquement les cellules du foie. Une seule administration de ce vaccin chez la souris a entraîné la production à vie d’anticorps qui séquestrent, dans le sérum, la nicotine administrée de façon systémique et protègent le cerveau contre la nicotine (les taux cérébraux de nicotine sont réduits à 15 % de ceux des souris non vaccinées). Ce vaccin bloque également les effets de la nicotine sur la TA, la fréquence cardiaque et l’activité motrice.

Des anticorps « Pacman » en patrouille

« Jusqu’à présent, la meilleure approche pour traiter la dépendance chronique à la nicotine provenant du tabagisme est d’avoir ces anticorps "Pacman" en patrouille, neutralisant la nicotine avant qu’elle puisse avoir un effet biologique. Notre vaccin permet à l’organisme de fabriquer ses propres anticorps contre la nicotine, et de développer de cette façon une immunité durable », explique le Dr Ronald Crystal (Weil Cornell Medical College, New York) qui a dirigé ce travail.

À ce jour, toutes les immunothérapies anti-nicotine évaluées en clinique ont été passives, délivrant directement des anticorps anti-nicotine, ce qui nécessite des injections coûteuses répétées, et les résultats obtenus sont inconsistants.

Les chercheurs envisagent maintenant de tester leur vaccin chez les rats puis les primates non humains, avant de pouvoir l’évaluer chez l’homme.

Si ce vaccin s’avérait sûr et efficace, il pourrait être administré aux fumeurs qui ont décidé d’arrêter de fumer ; en effet, fumer à nouveau une cigarette ne procurerait alors aucun plaisir. Et, sous couvert de longues études établissant un bon rapport bénéfice/risque, il pourrait même peut-être un jour être administré aux adolescents qui n’ont jamais fumé, afin de prévenir la dépendance à la nicotine et le plaisir des premières cigarettes.

› Dr VÉRONIQUE NGUYEN

Hicks et coll., Science Translational Medicine, 27 juin 2012.

 
Les Commentaires | 3 commentaires
 
Le 29/06/2012 à 14h05
Profession : Médecin
« Je doute que cela se fasse un jour. On a tous dans notre cerveau des récepteurs nicotiniques que l'on soit fumeurs ou non. D'ailleurs, on a aussi des récepteurs canabinoïdes et ça c'est une surprise. Agir sur ces recepteurs me paraît dangereux. Quels seront les effets secondaires ? Mémoire sommeil cardiaque, mouvements volontaires et problèmes digestifs? On est encore dans ce fantasme qu'une pilule un vaccin, puis tout résoudre comme le Mediator avec l'obésité. On ferait mieux d'engager une vraie politique de sevrage autofinancé par une vraie augmentation du prix du paquet de cigarettes. »
Le 28/06/2012 à 21h49
Profession : Médecin
« Un autre moyen de ne pas devenir dépendant à la nicotine ; 35 euros le paquet de clopes... dont 25 pour boucher le trou de la sécu. Profession : médecin acupuncteur qui traite la pseudo "dépendance" à la nicotine depuis 33 ans... »
Le 28/06/2012 à 19h06
Profession : Médecin
« C'est du pipot ! »

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