« ON PARLE d’amour aussi bien pour le saucisson que pour la patrie » , remarquait le vieil Alain. S’il est vrai que le mot en devient passe-partout et inadapté, on peut, comme le fait l’auteur, le saisir dans ses trois figures antiques fondamentales. L’amour est fils de Poros et de Penia, établit Platon dans « le Banquet », il est issu de l’abondance et de la misère. C’est ce dernier aspect que retient le philosophe grec : l’amour est désir, mais le désir s’inscrit en un creux douloureux, le manque. C’est eros , l’amour-passion. Il en est une autre forme, l’amour tendant vers l’amitié, ou celui que l’on éprouve pour ses enfants ou son conjoint lorsque la passion s’est évanouie. C’est philia , sentiment plein d’équilibre, qui est aussi plaisir serein, joie partagée. C’est du bout de (…)
Le Quotidien du Médecin
du 14/02/2012
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