Rentrée combative pour MG France qui dénonce la politique de « répression » sur les arrêts maladie

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Publié le 17/09/2025
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Le syndicat de généralistes a dénoncé ce mercredi la « chasse » aux dépenses d’IJ, y voyant une politique de « stigmatisation » et de « répression ». MG France réclame par ailleurs un report de la réforme de la quatrième année d’internat et attend de discuter avec le nouveau gouvernement.

La Dr Agnès Giannotti, présidente de MG France et le Dr Jean-Christophe Nogrette, secrétaire général adjoint

La Dr Agnès Giannotti, présidente de MG France et le Dr Jean-Christophe Nogrette, secrétaire général adjoint
Crédit photo : ISA HARSIN/SIPA

La « chasse » estivale de la Cnam aux arrêts de travail « dits » injustifiés reste décidément en travers de la gorge de MG France. Tel est le premier message que sa présidente, la Dr Agnès Giannotti, a voulu faire passer, lors de la conférence de presse de rentrée du premier syndicat de généralistes, ce mercredi 17 septembre 2025. La généraliste parisienne a dénoncé plus largement la politique de « stigmatisation » des prescripteurs et des malades accusés « d'abuser » des arrêts maladie, fustigeant une politique de « répression » dans l'unique but de faire des économies.

Cet été, l'ex-Premier ministre François Bayrou avait notamment laissé entendre que la moitié des arrêts de plus de 18 mois n'étaient « plus justifiés », assumant un nécessaire tour de vis. « C'est totalement faux, s’insurge la Dr Giannotti. D'où vient ce chiffre ? D'une extrapolation sur un contrôle de 18 000 arrêts de patients, sélectionnés parce que justement, il y avait des doutes. C'est moins de 2 pour 1 000 de l'ensemble des arrêts ». Selon la présidente de MG France, « ces patients ne sont pas nécessairement en incapacité de travailler », mais certains d’entre eux « doivent être placés en invalidité ».

Un changement de statut administratif dont les généralistes prescripteurs font les frais par ricochet pour ces arrêts longs. Et de citer un exemple personnel récent : une de ses patientes faisant un métier manuel vient la consulter pour de sérieuses douleurs rhumatologiques. Pas de rendez-vous avec un rhumatologue avant six mois. « Je fais quoi moi ? questionne Agnès Giannotti. La vie ne rentre pas dans les tableaux Excel de la Cnam. Il faut cesser l’amalgame entre la fraude et les arrêts de travail. »

La Cnam rate sa cible une fois sur trois

La présidente de MG France a fustigé une nouvelle fois les procédures administratives (MSO-MSAP) engagées contre des généralistes surprescripteurs (environ 500 médecins à la rentrée), à partir d’un algorithme de ciblage qui « reste un mystère », même si la Cnam s’en est expliquée.

Sur 43 médecins défendus par le syndicat qui ont répondu à un questionnaire, « 32,5 % des procédures ont été abandonnées », affirme la présidente de MG France pour qui l’Assurance-maladie « rate sa cible une fois sur trois ». Elle condamne cette campagne de contrôle « à marche forcée » même si, sur le terrain, plusieurs directeurs de caisse primaire appliquent les directives « de façon éthique », tient-elle à saluer. Il n’en reste pas moins que la médiatisation « irresponsable » de ces contrôles « fait passer les patients pour des fraudeurs » et vise à « faire peur à l'ensemble » des médecins, a-t-elle déploré.

Autre grosse pomme de discorde, la réforme de la quatrième année d’internat de médecine générale (4A). Bien que favorable au principe, MG France estime que le calendrier prévu pour une application dès novembre 2026 est trop serré dans les conditions actuelles. Dans le viseur syndical (comme dans celui des organisations étudiantes), le mode de rémunération des futurs docteurs juniors de médecine générale, qui reposera pour l’essentiel sur du salariat et dans une moindre mesure sur une incitation à l’activité. « C’est une usine à gaz, qui ferait pour partie appel à la part prise en charge par les complémentaires dans les consultations, ensuite reversée aux internes… », déplore la Dr Giannotti. Conclusion, MG France demande, à tout le moins, un report d’une année de cette fameuse 4A.

Quant aux promesses récentes du nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, MG France attend d’en savoir davantage. Que penser des 5 000 maisons « France santé » qui vont essaimer sur le territoire ? Le flou est de mise : « Est-ce que ce seront ces lieux qui accueilleront aussi les médecins solidaires voulus par François Bayrou », questionne la présidente du syndicat.

MG France se déclare prêt à en discuter avec le locataire de Matignon, avec d’autres lignes rouges : « stop » à la prolifération des centres de soins non programmés, même ceux à horaires élargis, qui « mettent en péril l’installation libérale » des nouvelles générations de médecins généralistes.


Source : lequotidiendumedecin.fr