Une étude sur des lignées cellulaires et chez la souris montre que le jeûne peut ralentir la croissance et la dissémination des tumeurs et qu’il potentialise les effets de la chimiothérapie.
On savait déjà qu’une courte période de jeûne peut protéger des cellules normales des souris (et peut-être même des patients) contre les effets toxiques de chimiothérapies.
Il était important de connaître les effets du jeûne sur les cellules cancéreuses. Pour cela, des chercheurs ont entrepris des études, d’une part, sur des lignées cellulaires tumorales, d’autre part chez des souris porteuses de cancers.
Des lignées de cellules cancéreuses (5 lignées murines, 13 humaines) ont été incubées dans du sérum provenant soit de souris sous-alimentées soit de souris à jeun depuis deux jours. Résultat : le jeûne sensibilise la majorité des lignées à la doxorubicine et au cyclophosphamide.
Chez des souris porteuses de tumeurs sous-cutanées de cancer du sein, de mélanome ou de gliome, le jeûne sans chimiothérapie peut ralentir dans certains cas la croissance tumorale aussi efficacement que deux cycles de chimiothérapie. L’effet thérapeutique du jeûne est toutefois plus important lorsqu’il est associé à la chimiothérapie ; de plus, il permet d’administrer aux souris des doses supérieures, normalement létales, de chimiothérapie.
Des essais cliniques de phase I portant sur des jeûnes de courte durée, deux jours avant et un jour après la chimiothérapie, ont déjà commencé aux États-Unis (Mayo Clinic et Los Angeles) et aux Pays-Bas. Ces essais portent sur des patients atteints de cancers du sein, de l’ovaire ou des voies urinaires. Les résultats de ces travaux (qui portent uniquement sur la sécurité puisqu’il s’agit de phases I) seront connus dans deux à trois mois.
› Dr VÉRONIQUE NGUYEN
Lee et coll. Science Translational Medicine, 8 février 2012.