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La thérapie familiale peut aider les anorexiques

 16/07/2012
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Chez des jeunes filles atteintes d’anorexie mentale sévère, une thérapie familiale, encore peu pratiquée en France, peut constituer une aide utile, pour que les patientes aillent mieux à la sortie d’une hospitalisation.

« Travailler sur les relations familiales avec les parents et la fratrie pendant les 18 mois qui ont suivi une hospitalisation, multiplie par trois les chances de retrouver un état de santé correct », concluent les chercheurs de l’Institut mutualiste Montsouris à Paris (équipe de l’Inserm U669). Le bénéfice semble se maintenir à long terme.

La prise en charge classique de l’anorexie mentale est coordonnée par un psychiatre. Les consultations peuvent concerner la jeune fille seule ou impliquer aussi ses parents, « à un rythme lié à son état. » Le psychiatre évalue l’état physique et mental de la jeune fille, son alimentation, son environnement psycho-social et guide les parents dans l’accompagnement de leur enfant.

La thérapie familiale consiste à faire participer les parents et les frères et sœurs de plus de 6 ans, à un travail psychologique autour des relations familiales. Elle ne prend pas en compte l’alimentation en tant que telle mais les relations et la dynamique intrafamiliales. « Proposée depuis les années 60, la thérapie familiale se fraie difficilement un chemin dans le programme de soins », notent les auteurs. Contrairement à d’autres pays, la thérapie familiale est peu pratiquée en France. En 2004, seulement 3 % des patientes hospitalisées à l’Institut mutualiste Montsouris en bénéficiaient.

Des travaux britanniques à la fin des années 80 ont montré que la thérapie familiale permet de renforcer l’état de santé des jeunes filles anorexiques en comparaison à une thérapie individuelle.

Les soins proposés en France sont plus intensifs qu’une seule thérapie individuelle. « La question était donc de savoir si l’adjonction d’une thérapie familiale améliorerait les soins proposés aux patientes atteintes de formes sévères. C’est ce que nous avons voulu vérifier à l’Institut Montsouris », explique le Dr Nathalie Godard (coauteur de l’étude).

On a proposé à 60 jeunes filles de 13 à 18 ans, récemment hospitalisées, de suivre le parcours de soins classiques, associés ou non à une thérapie familiale dans le cadre d’un essai randomisé.

Dans le cadre de la thérapie familiale, une fois par mois, les membres de la famille sont réunis pendant une heure trente autour d’un thérapeute qui travaille selon plusieurs axes : l’histoire intergénérationnelle de la famille, ses relations actuelles et le vécu de l’anorexie par les différentes personnes.

Au bout de 18 mois, les jeunes filles ayant suivi cette thérapie se portent mieux que les autres. Elles ont 3,2 chances d’aller « bien » ou « à peu près bien », en se fondant sur un indice incluant le poids, la présence des règles et d’autres critères alimentaires comme la boulimie. « Elles sont deux fois plus nombreuses à être sorties du stade critique de l’anorexie en termes de poids. » Ces bons résultats pourraient se confirmer à long terme, avec un bénéfice qui semble de maintenir à 5 ans, selon les travaux toujours en cours. « Depuis ces résultats, nous proposons systématiquement à toutes les patientes hospitalisées un suivi classique associé à une thérapie familiale », précise Nathalie Godard.

› Dr BÉATRICE VUAILLE

Godard et coll., « PloS ONE », vol. 7, n° 1, e28249.

 
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