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Choc septique fébrile : les atouts du refroidissement

lequotidiendumedecin.fr 20/02/2012
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Dans le choc septique fébrile, un refroidissement externe pour réduire la fièvre se révèle un moyen sûr et efficace pour atteindre la stabilité hémodynamique et réduire la mortalité précoce. L’étude « Sepsicool » apporte des arguments en faveur de cette pratique.

Le choc septique, défini comme un sepsis associé à une défaillance cardio-vasculaire, est assorti d’un taux de mortalité très élevé, de 40 à 60 %. Les deux tiers des patients ont une température supérieure à 38,3 °C. Le contrôle de cette fièvre est-il utile ? Il existe un débat : un contrôle de la fièvre par refroidissement externe est associé à une amélioration du débit cardiaque, de la consommation d’oxygène, à une augmentation du tonus vasculaire et de la clairance des lactates ; mais la fièvre est utile pour renforcer les défenses, inhiber la croissance des micro-organismes et améliorer la survie.

L’étude randomisée « Sepsicool » a été menée par des praticiens français et genevois (Frédérique Shortgen, Laurent Brochard et coll., hôpital Henri-Mondor et Hôpitaux de Genève), pour savoir si un refroidissement externe au début du choc septique est en pratique bénéfique aux patients. Dans 7 USI, ils ont recruté des adultes en choc septique fébrile (38,3 °C au minimum). Les patients recevaient un traitement vasopresseur, étaient sédatés et sous ventilation assistée.

Ils ont été randomisés pour avoir en plus un refroidissement externe (n = 101) ou ne pas en avoir (n = 99). Le refroidissement externe (couvertures refroidissantes automatiques, draps réfrigérés, sacs de glace) était maintenu pendant quarante-huit heures pour maintenir une température centrale entre 36,5 ° et 37°. La pression artérielle était maintenue à 65 mmHg au minimum par les vasopresseurs.

Dès deux heures après le début du traitement, la température est significativement plus faible dans le groupe sous refroidissement externe (36,8° vs 38,4 °; p ‹ 0,01). Après douze heures de traitement, le nombre de personnes chez qui on a pu réduire de 50 % la dose de vasopresseur, est significativement plus élevé dans ce même groupe (54 % vs 20 %, différence absolue de 34 % ; p ‹ 0,001). Toutefois, cette dernière donnée n’est plus significative à 48 heures (72 % vs 61 %, différence absolue : 11 %). La réversibilité du choc en USI est plus fréquente dans le groupe sous refroidissement (86 % vs 73 % ; différence absolue de 13 % ; p = 0,021). Enfin, une donnée qui n’est pas des moindres, la mortalité à J14 est significativement inférieure dans le groupe sous refroidissement externe (9 % vs 34 % ; différence absolue de - 16 % p = 0,013).

› Dr BÉATRICE VUAILLE

« American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine », 17 février 2012.

 
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