L’enquête sur la mort d’un adolescent de 15 ans qui aurait trop consommé de boisson énergisante, décédé après une course à pied dans l’Oise, vient d’être rouverte par un juge d’instruction de Senlis. Cette réouverture fait suite à une plainte avec constitution de partie civile déposée en 2011, au nom de la famille de l’adolescent, auprès du doyen des juges d’instruction de Senlis, a précisé l’avocat de la famille de la victime, Me Hubert Delarue.
Une première enquête pour recherches de la mort avait conclu à un décès par mort naturelle, les premières expertises sanguines n’ayant relevé ni traces de stupéfiants ou d’alcool. « Il n’y avait pas d’investigation poussée du côté de la taurine », présente dans les boissons énergisantes, selon l’avocat. « Un expert a, dans un rapport déposé il y a environ deux mois, considéré qu’il y avait un taux de taurine considérablement supérieur à celui qu’on peut avoir habituellement, c’est-à-dire 300 nanogrammes contre environ 3,14 habituellement », a-t-il expliqué. « J’ai demandé un complément d’expertise au juge, qui a nommé un expert cardiologue », a précisé l’avocat, ajoutant que le rapport devrait être remis « après l’été ».
« Si l’expert considère que la taurine, et donc le Red Bull, est à l’origine du décès de ce garçon, ça pourra me conduire à solliciter la mise en examen des mandataires sociaux de cette entreprise », a déclaré Me Hubert Delarue. Ce dernier a affirmé que « les responsabilités étaient également recherchées du côté des organisateurs de la course (...), les consignes de sécurité, notamment médicales, n’auraient pas été scrupuleusement respectées ». « Les secours seraient intervenus de manière assez tardive. Cela pourrait avoir contribué au décès de ce jeune homme, indépendamment d’une ingestion manifestement excessive de ce produit qui serait le Red Bull », a poursuivi l’avocat.
Une alerte fructueuse
La ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine a souhaité, début juin, que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) renforce sa vigilance sur les boissons « énergisantes », après le signalement d’effets indésirables« suspectés » d’être liés à leur consommation. « Notre appel aux professionnels est déjà fructueux : il a suscité plusieurs signalements d’effets indésirables et a alerté les consommateurs », indique l’ANSES au « Quotidien ».
En attendant, accentuer la confusion entre boisson énergisante et boisson reconstituante « ne paraît
pas très cohérent », souligne la Fédération addiction. Si l’une apporte au sportif les éléments naturels dépensés dans l’effort, l’autre apporte un supplément d’énergie, précise la Fédération qui réclame une politique d’éducation préventive et de réduction des risques « adaptée à la société addictogène qui est la nôtre ».
› STÉPHANIE HASENDAHL
Profession : Médecin
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