Dans un entretien accordé au « Journal du Dimanche », la ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, affirme son intention de relancer le débat sur l’abolition de la prostitution. « Mon objectif, comme celui du PS, c’est de voir la prostitution disparaître. Je ne suis pas naïve, je sais que ce sera un chantier de long terme », déclare-t-elle. En décembre dernier, les députés ont adopté à l’unanimité une résolution affirmant la position abolitionniste de la France. « Cette position abolitionniste est le fruit d’une réflexion tirant les leçons des insuffisances des dispositifs actuels », souligne la porte-parole du gouvernement. À commencer par la loi de 2003 sur le racolage passif, à ce jour très peu appliquée et qui ne prévoit rien contre les clients. Durant la campagne présidentielle, François Hollande a déclaré vouloir supprimer ce délit de racolage passif qui « conduit à repousser la prostitution dans des zones peu accessibles pour les associations », tout en ouvrant la discussion sur la question de la pénalisation du client. « Pour tirer toutes les conséquences de la résolution de l’Assemblée nationale, nous organiserons une conférence de consensus », indique Najat Vallaud-Belkacem. « La question n’est pas de savoir si nous voulons abolir la prostitution – la réponse est oui – mais de nous donner les moyens de le faire », ajoute la ministre.
› D. B.
Profession : Médecin
Publier un nouveau commentaire