Les apports en calcium, fer et vitamines D et K - L'alimentation de l'enfant de 0 à 3 ans

Les apports en calcium, fer et vitamines D et K

25.11.2016

État des lieux

La carence en fer est la carence nutritionnelle la plus fréquente en France. Le calcium n’a pas qu’un rôle dans la croissance osseuse. La vitamine D est indispensable au maintien du pool phosphocalcique, mais pas uniquement. La vitamine K est insuffisamment synthétisée par le nouveau-né.

1. Fer, des carences fréquentes

• Le fer est un minéral qui joue un rôle essentiel dans de nombreuses fonctions de l’organisme : fabrication de l’hémoglobine, de la myoglobine et d’enzymes impliquées notamment dans la synthèse de l’ADN.
• Au cours de la grossesse, tout particulièrement au dernier trimestre, le fœtus accumule du fer. Les réserves, de l’ordre de 75 mg/kg à la naissance, sont ainsi suffisantes pour couvrir les besoins en fer au cours des six premiers mois de vie, même si l’enfant est nourri avec le lait maternel, pauvre en fer (1 mg/L), celui-ci étant cependant de bonne biodisponibilité. Les apports en fer sont ensuite assurés par la diversification alimentaire et les formules infantiles, toutes enrichies en fer. En revanche, l’allaitement maternel exclusif après l’âge de 6 mois ne permet pas d’assurer ces besoins.
• L'EFSA, Agence européenne de la sécurité des aliments qui avait été sollicitée par la Commission européenne,  a proposé, en décembre 2015,  de nouvelles valeurs nutritionnelles de référence pour le fer. Ces valeurs, calculées en utilisant un coefficient de variation de 20%, sont de 11 mg/jour chez les nourrissons de 7 à 11 mois, puis  de 7 mg/jour. Chez les enfants âgés de 1 à 6 ans.  Si l’allaitement maternel doit être encouragé jusqu’à l’âge de 4-6 mois, la diversification alimentaire est indispensable après 6 mois. Elle doit apporter environ 1 mg/kg/jour de fer afin de couvrir correctement les besoins. En l’absence d’allaitement maternel, le lait de vache doit être proscrit car il est pauvre en fer. Le nourrisson doit recevoir une formule infantile adaptée à son âge : préparations pour nourrissons et préparations de suite enrichies en fer, puis lait de croissance.
• La carence en fer est la carence nutritionnelle la plus fréquente en France, surtout chez les jeunes enfants. Les enquêtes montrent que, après la diversification, les apports en fer sont souvent inférieurs aux apports nutritionnels conseillés, notamment en cas d’utilisation trop précoce du lait de vache. Le recours aux laits de croissance entre 1 et 3 ans est très intéressant pour répondre aux besoins en fer du petit enfant car il permet de limiter l’apport protéique tout en couvrant une grande partie des besoins en fer et en acides gras essentiels. 

2. Calcium, les produits laitiers au premier plan

Le calcium joue, lui aussi, un rôle essentiel, dans la croissance minérale osseuse, mais aussi dans la perméabilité membranaire, l’activation ou l’inhibition d’enzymes, l’action d’hormones, la coagulation sanguine ou, encore, la transmission nerveuse. Les ANC sont de 400 mg/jour de la naissance à 6 mois, puis de 500 mg/jour jusqu’à 3 ans.
Les apports en calcium, issus principalement des produits laitiers, sont en général suffisants chez le nourrisson et le jeune enfant. 

3. Vitamine D, une supplémentation est nécessaire

• La vitamine D est indispensable au maintien du pool phosphocalcique dans l’organisme. Elle a également un rôle protecteur vis-à-vis de diverses pathologies : cancers, maladies infectieuses, auto-immunes et cardio-vasculaires.
• Elle provient essentiellement de la photosynthèse cutanée et, à un moindre degré, de certains aliments comme les poissons gras, certaines huiles et les produits laitiers. Les laits infantiles peuvent être enrichis en vitamine D.
• La supplémentation maternelle en vitamine D débute dès le 7e mois de grossesse, par une dose unique de 80 000 à 100 000 UI. En l’absence de risque particulier, le comité de nutrition de la Société française de pédiatrie recommande un apport en vitamine D de 1 000 à 1 200 UI/jour chez le nourrisson allaité, un complément de 600 à 800 UI/jour chez l’enfant de moins de 18 mois recevant une préparation enrichie en vitamine D et de 1 000 à 1 200 UI/jour chez l’enfant de moins de 18 mois recevant du lait de vache non enrichi en vitamine D. Chez l’enfant de plus de 18 mois, il est préconisé d’administrer deux doses de charge trimestrielles de 80 000 à 100 000 UI en hiver (novembre et février).
• En présence d’un risque particulier, il est recommandé de poursuivre la supplémentation par des doses de charge trimestrielles toute l’année entre 18 mois et 5 ans.
• Ces situations à risque sont : une forte pigmentation cutanée, l’absence d’exposition au soleil estival, une maladie dermatologique empêchant cette exposition, le port de vêtements très couvrants en période estivale, une malabsorption digestive, une cholestase, l’insuffisance rénale, le syndrome néphrotique, certains traitements (rifampicine, phénobarbital, phénytoïne), l’obésité, le végétalisme. 

4. Vitamine K, les nouvelles recommandations de septembre 2014

La vitamine K est indispensable à la synthèse de facteurs de coagulation (prothrombine, proconvertine, facteur antihémophilique B, facteur Stuart, Protéine C, Protéine S).
 Elle est insuffisamment synthétisée par le nouveau-né (absence de synthèse bactérienne du fait de l’absence de flore intestinale).
 La prévention de la maladie hémorragique du nouveau-né repose sur la vitamine K1.

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a émis en septembre 2014 (ansm.sante.fr) de nouvelles recommandations sur la posologie recommandée de la vitamine K1 dans le cadre de la prévention de la maladie hémorragique du nouveau-né. Cela, dans le cadre d’une harmonisation européenne.
Les recommandations sont donc les suivantes :

1) Nouveau-né à terme sans risque particulier.
a) par voie orale :
– allaitement maternel exclusif : 3 doses per os de 2 mg (une à la naissance, une entre J4 et J7, une à 1 mois). Il n’est donc plus nécessaire d’administrer 2 mg per os par semaine pendant la durée de l’allaitement maternel exclusif ;
– alimentation par lait infantile : 2 doses per os de 2 mg – une à la naissance, une entre J4 et J7.
b) par voie IM : une dose unique de 1 mg à la naissance.

2) Nouveau-né prématuré < 36 SA et > 2,5 kg ET nouveau-né à terme à risque
(nouveau-né à terme à risque : asphyxie à la naissance, ictère rétentionnel, incapacité à avaler, utilisation par la mère d’anticoagulant ou d’antiépileptique) :
– à la naissance : 1 mg IM ou IV ;
– la quantité et la fréquence des doses ultérieures sont déterminées en fonction des paramètres de la coagulation.

3) Nouveau-né prématuré < 36 SA et < 2,5 kg
– 0,4 mg/kg voie IM ou IV ;
– la quantité et la fréquence des doses ultérieures sont déterminées en fonction des paramètres de la coagulation.

 
Dr I. H.


À retenir

Fer : le lait de vache est pauvre en fer. Donner préparations pour nourrisson et préparations de suite, puis lait de croissance si possible jusqu’à 3 ans et 500ml par jour
Calcium : les produits laitiers assurent les apports avec au moins l’équivalent de 500ml de lait par jour
Vitamine D : après 18 mois, deux doses de charge en novembre et en février (80000 à 100000 UI)
Vitamine K : de nouvelles recommandations en 2014 selon naissance à terme et mode d’administration

REFERENCES

Beaufrère B et al. Apports nutritionnels conseillés pour les nourrissons, les enfants et les adolescents. In : CNERNA, CNRS, AFSSA, eds. Apports nutritionnels conseillés pour la population française. 3e édition. Tec et Doc, 2001, Paris, ; 255-91.
Fantino M et al. Apports nutritionnels en France en 2005 chez les enfants non allaités âgés de moins de 36 mois. Arch Pediatr 2008 ; 15 : 446-55.
Vidailhet M et al. ; comité de nutrition de la Société française de pédiatrie. Vitamine D : une vitamine toujours d’actualité chez l’enfant et l’adolescent. Une mise au point du Comité de nutrition de la SFP. Arch Pediatr 2012 ; 19 : 316-28.
Vidailhet M et al. Carences vitaminiques (hormis la carence en vitamine D). Encycl Med Chir Pediatrie 2010 ; 4-002-L-25.
EFSA. Scientific Opinion on Dietary Reference Values for iron1. EFSA Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies (NDA)2,
EFSA Journal 2015;13(10):4254.
Ghisolfi J et al. Comité de Nutrition de la Société française de pédiatrie.
Lait de vache ou lait de croissance : quel lait recommander pour les enfants en bas âge (1–3 ans) ? Archives de Pédiatrie 2011;18:355-358.
PNNS. Livret d’accompagnement du guide nutrition des enfants et ados pour tous les parents destiné aux professionnels de santé. Septembre 2009.
 

l'annuaire du-diu

GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter

imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter