L’adolescent, un patient particulier - Bien gérer vos consultations aujourd'hui

L’adolescent, un patient particulier

25.11.2016

État des lieux

Les demandes exprimées par l’adolescent sont le plus souvent ponctuelles et thématiques. Elles peuvent toutefois représenter des opportunités de rencontres pour aborder nombre de sujets et des préoccupations de santé, parfois non exprimées. Une occasion que le médecin doit saisir afin d’établir un dialogue et une relation de confiance, déterminants pour la prise en charge, le diagnostic, le dépistage et l’information(1).

Une classe particulière de patients

Période de transition entre l’enfance et l’âge adulte, l’adolescence est marquée par de multiples transformations. Le rapport au corps, la construction de l’autonomie et de la subjectivité ainsi que la socialisation sont des équilibres fragiles. Cette classe d’âge est celle qui aurait le moins recours aux soins lors de difficultés psychiques. Et, pourtant, les données épidémiologiques et l’expérience montrent que la rencontre généraliste-adolescent se révèle plus fréquente qu’on ne le croit. « Si ces jeunes patients consultent peu souvent, 2,1 fois par an en moyenne pour les garçons et 2,5 pour les filles, 75 % des adolescents voient un médecin dans l’année », selon Philippe Binder, coordinateur d’ADOC, groupe de cliniciens libéraux de Charente-Maritime(2).
 

L’attitude à privilégier face à l’adolescent

L’adolescent doit être considéré comme un individu singulier, capable de participer autant que possible au processus de prise de décision. Avec lui, le dialogue devra être favorisé. D’emblée, le médecin aura à cœur de s’adresser à son jeune patient, même s’il est accompagné d’un adulte. Il devra le voir seul à un moment de la consultation, même si le parent reviendra dans un second temps. Adopter le « tu » ou le « vous » importe peu à partir du moment où le praticien se sent à l’aise avec son choix. Il s’agit d’entendre le motif premier de la consultation, de manière bienveillante, pour en profiter pour embrayer par un « à part cela ? ». L’examen physique ne pourra commencer qu’après l’obtention du consentement de l’adolescent en le mettant à l’aise par exemple par un : « Compte tenu des questions que tu (vous) me poses(z), je souhaiterais, avec ton(votre) accord, procéder à un examen. » L’entretien ne devra aucunement être accompagné d’un jugement. Et, en cas d’inquiétude, le médecin préfèrera donner directement un rendez-vous à son patient plutôt que de lui dire de revenir. En outre, l’examen peut être l’occasion de la mise en place d’une démarche d’éducation pour la santé avec l’adolescent. L’approche préconisée par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES)(1) s’attache à ne pas se focaliser sur les conséquences d’un comportement mais plutôt de s’interroger sur ses causes, d’envisager par exemple les conséquences éventuelles liées à l’arrêt d’une consommation à risque, d’explorer ce que peut cacher la demande initiale formulée par l’adolescent.
 

Comment repérer une dépression ou un risque suicidaire ?

Afin d’aider les professionnels de santé à prévenir les manifestations dépressives à l’adolescence, la Haute Autorité de santé (HAS) a émis en novembre 2014 une recommandation de bonne pratique (RBP)(3). Elle est destinée à :
– repérer plus précocement la dépression de l’adolescent ;
– améliorer l’accompagnement du patient et de son entourage ;
– optimiser la prise en charge et l’orientation initiale des patients ;
– prévenir la crise suicidaire.
Cette recommandation comprend un argumentaire scientifique, le texte des recommandations et quatre fiches de synthèse représentant des outils pratiques à destination des médecins généralistes.
Cet examen de l’adolescent se révèle crucial pour repérer :
– les facteurs de risque individuels et environnementaux de la dépression et du suicide ;
– les facteurs protecteurs comme notamment une bonne estime de soi, la qualité du soutien familial, la capacité à utiliser le soutien de l’entourage et la pratique sportive récréative.
Un bon diagnostic permet ainsi de pouvoir soigner une dépression, voire de prendre une décision d’hospitalisation.
 

Christine Colmont


À retenir

Privilégier avant tout le dialogue pour laisser plus d’espace de parole à l’adolescent et permettre la construction commune de messages préventifs avec un jeune patient devenu plus réceptif.

REFERENCES

(1)Dialogue et éducation pour la santé avec un adolescent. Coll. Repères pour notre pratique, 4 p. INPES, août 2009.
(2) Binder P. Comment aborder l’adolescent en médecine générale ? Rev Prat 2005 ; 55 : 1073-7. À consulter sur le site : http://www.medecin-ado.org
(3) Décision n° 2014.0228/DC/SBPP du 12 novembre 2014 du collège de la Haute Autorité de santé (HAS) adoptant la recommandation de bonne pratique « Manifestations dépressives à l’adolescence : repérage, diagnostic et prise en charge en soins de premier recours ».
À consulter sur le site web :
http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2014-11/c_2014_0228_rbp_manifestations_depressives_adolescent.pdf

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