Organiser son temps : les nouveaux outils - Bien gérer vos consultations aujourd'hui

Organiser son temps : les nouveaux outils

14.10.2016

État des lieux

À l’heure de l’essor de la e-santé, de nouveaux outils s’offrent aux médecins pour gérer leur quotidien autrement. Leur promesse : faciliter le travail des praticiens, leur faire gagner en temps, efficacité et améliorer le service rendu au patient. Voici quatre exemples pratiques d’outils connectés permettant d’optimiser sa pratique quotidienne et son temps. 
1. Les applications médicales pour Smartphone

Le Smartphone est aujourd’hui présent pendant la consultation pour la majorité des médecins. Les trois quarts d’entre eux en possèdent un et plus de 9 sur 10 l’utilisent à des fins professionnelles ou mixtes (1). D’après le 2e Baromètre Vidal/CNOM, plus d’un médecin sur deux utilisant un Smartphone l’a déjà doté d’applications médicales (2). Faciliter la consultation de bases de données, permettre d’effectuer en mobilité tout ce qu’il n’était jusqu’alors possible de faire qu’au cabinet, tels sont les atouts majeurs de ces applications. Pratique en effet de pouvoir consulter le Vidal sur son portable ou des applications sur la gestion des urgences vitales comme « SMUR BMPM » en visite à domicile. Si la plupart des médecins téléchargent surtout des applications gratuites, 61 % d’entre eux se déclarent prêts à payer pour une application fiable. Parmi les plus téléchargées : les bases de données médicamenteuses (comme Vidal, 360 medics ou Kelmed) et les applications sur les interactions médicamenteuses. Les médecins souhaiteraient voir se développer des applications de recommandations de bonne pratique, de calcul de scores, de clairance, sur les constantes biologiques et aimeraient pouvoir disposer d’outils d’aides à la prescription et d’arbres décisionnels (4). Surtout, ils souhaiteraient pouvoir accéder au dossier patient et au logiciel du cabinet sur le Smartphone (4). Plus besoin de transporter le dossier papier ou de consulter le dossier informatique avant de se déplacer en visite. Quelques logiciels le permettent déjà comme MédiClick et, nous explique le docteur Maxime Elbaz, coordinateur du DU e-santé Paris-Descartes, « des start-up mettent actuellement au point des logiciels médicaux directement accessibles sur tablette ou Smartphone, plus pratiques, intuitifs et mieux adaptés aux écrans tactiles. »

2. Recommander des outils de e-santé au patient 

Si les Français se sont déjà pour beaucoup familiarisés avec les applications santé et les objets connectés, 8 % seulement des médecins mobinautes recommandent une application santé à leurs patients (2). « La France est très en retard dans ce domaine, constate le Dr Elbaz. En Grande-Bretagne, par exemple, les médecins ont pour habitude de prescrire des applications à leurs patients avec un bénéfice en termes de dépenses de santé. » Conseiller une application ou un objet connecté au patient peut être particulièrement intéressant dans deux cas de figure :
- Chez les malades chroniques, lesquels d’ailleurs manifestent le plus d’attentes vis-à-vis de leur médecin, afin qu’il les oriente vers des applications (3). Dans des maladies comme le diabète et l’hypertension, l’utilisation d’applications ou d’objets connectés est déjà courante. « Le médecin peut, grâce à certaines applications, suivre les données de santé que son patient aura entrées au préalable via des plates-formes en ligne. » Libre à lui de consulter ces résultats quand il le souhaite, en amont d’une consultation par exemple, et ainsi l’anticiper ;
 
- Pour orienter le diagnostic et éviter de prescrire inutilement : « À un patient qui présente des troubles du sommeil, par exemple, conseiller une application comme iSommeil permet d’évaluer le problème en amont, plutôt que de prescrire des psychotropes. Ainsi, on travaille intelligemment. La même démarche peut être adoptée pour les apnées du sommeil ou l’hypertension », conseille le Dr Elbaz.
Enfin, si le fait de recommander objets et applications s’inscrit dans une démarche positive de prévention, attention, prévient le Dr Elbaz : « Il existe à ce jour des centaines de milliers d’applications mobiles et nombre de gadgets existent dans ce domaine. Au médecin de savoir orienter vers des applications et objets certifiés ; attention, aussi, à ne pas tomber dans la cyberchondrie en voulant tout compter, calculer, mesurer ! »
Enfin, recommander des sites fiables au patient peut aujourd’hui être partie intégrante de la consultation. Le patient pourra ensuite, dès qu’il le souhaite, aller relire les conseils liés à sa pathologie. Ainsi, on l’autonomise en le faisant devenir le principal acteur de sa santé. Certains médecins possèdent leur propre site, les autres pourront les guider vers des sites de référence.

3. Nouveaux logiciels et dossier médical

Des logiciels d’aide à la prescription certifiés selon le référentiel HAS sont aujourd’hui intégrés dans de nombreux logiciels de gestion du cabinet. Ces systèmes permettent de détecter automatiquement les contre-indications, allergies, interactions médicamenteuses lors de la saisie d’une ordonnance. D’autres systèmes d’aide à la décision sont en cours de développement dont l’objectif est de faciliter le travail des professionnels et garantir une meilleure sécurité au patient. Parmi les nouveautés, citons également les logiciels directement accessibles en ligne.
Enfin autre promesse de la e-santé : faciliter la communication entre professionnels. Si 86 % des médecins disent échanger par mail avec leurs correspondants professionnels de santé (4), le dossier médical partagé tarde toujours à voir le jour. Sa mise en place serait un gain de temps et d’énergie majeur pour les professionnels qui peinent parfois à récupérer les informations médicales ; elle éviterait d’autre part les bilans inutiles et redondants.

4. La prise de rendez-vous en ligne

Autre évolution liée au développement de la e-santé : la possibilité pour le patient de prendre rendez-vous en ligne via des sites comme PagesJaunes, KelDoc, MonDocteur, etc., qui leur permettent d’identifier près de chez eux les praticiens et les créneaux disponibles. Créés devant la difficulté récurrente pour les patients de trouver des professionnels rapidement disponibles, ces services promettent par ailleurs aux médecins de réduire leur temps de secrétariat par la diminution des appels entrants ; de leur faire gagner du temps également en faisant remplir au patient un questionnaire de préadmission en amont de la consultation et, enfin, de limiter le nombre de rendez-vous non honorés en proposant un système de rappel automatique du rendez-vous au patient. Une autre manière pour le médecin de gérer son agenda (accessible sur sa tablette ou son mobile) et de combler les rendez-vous annulés. 

Dr Patricia Martel, avec la collaboration du Dr Maxime Elbaz, docteur en neurosciences, directeur technique au centre du sommeil et de la vigilance de l’Hôtel-Dieu (équipe d’accueil VIFASOM 7330), coordinateur du DU e-santé Paris-Descartes

À retenir

Les nouvelles technologies s’invitent de plus en plus en consultation pour simplifier le quotidien des médecins et leur apporter une aide en matière de diagnostic et de décision.

REFERENCES

(1)  Baromètre annuel sur les usages digitaux des professionnels de santé, CESSIM (Centre d’études sur les supports de l’information médicale) en partenariat avec Ipsos, mars-juillet 2014.
(2)  2e Baromètre Vidal-CNOM. Les usages numériques en santé. Mai 2013.
(3)  Santé connectée. De la e-santé à la santé connectée. Le Livre blanc du Conseil national de l’Ordre des médecins. Janvier 2015 https://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/medecins-sante-connectee.pdf
(4)  4e Baromètre : l’utilisation des Smartphones par les médecins. Vidal. Mars 2016 http://www.vidalfrance.com/wp-content/download/info/Barometre_Mobile-VIDAL-CNOM-2016.pdf

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