L’éducation thérapeutique dans l’asthme allergique

L’éducation thérapeutique dans l’asthme allergique

08.02.2016

État des lieux

Contrairement au patient diabétique pour qui les séances d’éducation thérapeutique représentent un passage obligé, le patient ayant un asthme allergique n’en bénéficie pas systématiquement, ce que déplore le Dr Nhân Pham-Thi (Institut Pasteur).

Un défaut de l’offre 

La proportion d’enfants et d’adultes chez qui un diagnostic d’asthme allergique est posé, et qui se voient proposer des cours d’éducation thérapeutique, est encore faible. Cela s’explique par un réel défaut de l’offre – manque de personnel formé à cette éducation, manque de reconnaissance – et c’est d’autant plus dommage que la plupart des médecins initient cette éducation thérapeutique en consultation, à l’occasion d’une prescription pour un asthme. Pour les seconder, il a été imaginé, à un moment donné, d’impliquer les pharmaciens, notamment pour apprendre à utiliser les produits distribués, mais cela n’est pas généralisé. Déjà, leur action aurait forcément été limitée à l’aspect technique – il ne s’agit donc pas d’une éducation thérapeutique à part entière – et cela nécessiterait une pièce d’accueil personnalisée, à part, et un pharmacien disponible ! Quant aux informations retrouvées sur Internet, aussi intéressantes soient-elles, elles ne remplaceront jamais un échange vivant.
Alors que tout diabétique reçoit une éducation thérapeutique, notamment parce que la nécessité de connaître certains gestes quotidiens et répétés, ainsi que les ajustements des traitements qui en découlent, rend cette éducation incontournable, beaucoup d’asthmatiques y échappent.


Écoles de l’asthme 

« Ce sont surtout les patients qui ont un asthme allergique sévère qui se retrouvent en école de l’asthme, sur prescription de leur pneumologue ou de leur allergologue, le plus souvent, alors que, dans l’idéal, toute personne ayant fait une crise d’asthme aiguë devrait pouvoir en bénéficier. Dans les services qui la proposent, la formation est assurée par des professionnels connaissant bien la maladie, rompus à l’exercice de l’éducation thérapeutique et qui ont généralement suivi des formations conduisant à des diplômes universitaires (ou autre mode de validation)», précise le Dr Pham-Thi.


Le médecin généraliste 

En pratique, faute de services d’éducation thérapeutique en nombre suffisant, c’est le médecin prescripteur qui prend en charge son patient asthmatique et donc, qui recherche un allergène en cause. En cas d’asthme léger, il explique, au cabinet, comment bien prendre le traitement inhalé et donne quelques conseils simples pour réduire l’exposition aux acariens comme aérer la chambre à coucher tous les jours,  limiter le chauffage à moins de 20 °C, faire plus de ménage, opter plutôt pour des sommiers à latte de bois, utiliser des housses avec fermeture enveloppant complètement le matelas et l'oreiller, limiter le nombre de peluches, etc. Il peut aussi remettre à son patient, à cette occasion, des supports écrits ou conseiller un site Internet. « Apprendre comment mesurer un débit expiratoire, noter tout événement en rapport avec l’asthme sur un carnet de suivi et, surtout, adapter son traitement en fonction et respecter les principales mesures d'éviction contre les allergènes, cela prend déjà plus de temps et n’est pas toujours compatible avec une simple consultation, remarque le Dr Pham-Thi. En effet, pour réaliser une éducation thérapeutique de qualité, il faut déjà savoir ce que le patient a comme idées (justes ou erronées) sur son asthme et donc l’interroger. Il faut ensuite décider ce que l’on veut qu’il apprenne et trouver la méthode la plus efficace pour le faire. Il faut enfin s’assurer qu’il est capable de restituer ces informations et, donc, qu’il a tout compris, quitte à apporter à nouveau certains éclaircissements sur certains points mal acquis. L’éducation thérapeutique se fait souvent en trois temps. » Étant donné que, pour le patient, cela se traduit par des changements importants dans son quotidien – changements qui peuvent se révéler être anxiogènes –, il est préférable que cette éducation se fasse en plusieurs séances afin d’offrir un réel accompagnement dans le temps.


Un surcoût vite amorti 

« Les patients asthmatiques allergiques les plus sévères sont souvent les plus motivés pour venir à l’hôpital car ils craignent la survenue d’une crise de jour comme de nuit et/ou parce que leur asthme retentit sur leurs activités quotidiennes. Plusieurs séances sont nécessaires, idéalement en présence d’un infirmier, d’un psychologue (car le vécu est primordial) et d’un médecin qui connaît bien l’asthme. Le surcoût de l’éducation thérapeutique, surtout lié au temps de présence de ces professionnels, est bien inférieur aux bénéfices économiques à en attendre : moins de consultations et d’hospitalisation, moins d’absentéisme, etc.», conclut le Dr Pham-Thi.

À retenir

-       Savoir ce que le patient a comme idées sur son asthme
-       Expliquer comment bien prendre le traitement inhalé et mettre en place les mesures d’éviction
         des allergènes
-       S’assurer qu’il a compris
-       Mesurer le débit expiratoire

REFERENCES

Dr Nathalie Szapiro

D’après un entretien avec le Dr Nhân Pham-Thi, service d’allergologie, Institut Pasteur (Paris)

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