Vitamines et défenses immunitaires - Les défis de la nutrition

Vitamines et défenses immunitaires

28.09.2015
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Toute forme de carence nutritionnelle est susceptible de réduire les capacités de défense de l’organisme. Mais certains nutriments sont plus particulièrement impliqués dans la défense immunitaire. C’est le cas des vitamines antioxydantes C, A et E ainsi que de la vitamine D. 

Une alimentation variée et équilibrée permet d’éviter les risques de carence et leurs conséquences. À l’approche de l’hiver, il est important de manger de tout et de veiller à un apport suffisant en vitamines participant à la défense immunitaire.

La vitamine C joue un rôle important dans les défenses immunitaires en agissant de façon multiple (1, 2). Elle stimule la mobilisation des globules blancs en réponse à la présence de bactéries et virus, augmente l’absorption du fer, également impliqué dans les défenses immunitaires, et contribue à la synthèse des corticoïdes. En ce sens, elle procure une sensation de tonus chez les personnes fatiguées, voire convalescentes. Les bénéfices cliniques de la vitamine C ont notamment été confirmés par une revue Cochrane, qui a montré qu’elle diminue la sévérité et la durée d’évolution des rhumes (3). La carence en vitamine C est plus fréquente en automne et en hiver. Par ailleurs, près de 20 % des adultes, en particulier les hommes, ont des apports inférieurs aux deux tiers des apports nutritionnels conseillés (4).

La vitamine C est présente en bonne quantité dans les agrumes (oranges, clémentines, citrons, pamplemousse) ainsi que dans les fruits exotiques (comme le kiwi) et dans les fruits rouges (comme les fraises). Une grosse orange de 200 g (ou un verre de jus d’orange), par exemple, apporte environ 80 mg de vitamine C, ce qui permet de couvrir 70 % des besoins quotidiens. Pour répondre complètement aux besoins, le recours à des compléments alimentaires enrichis en vitamine C peut être intéressant. Il n’est pas nécessaire de prévoir des doses très élevées car l’excédent est éliminé dans les urines.

Les bénéfices de la vitamine D (besoin estimé à 5 μg/jour), apportée au niveau alimentaire par les poissons gras (sardines, saumon, maquereau, hareng – de 11 à 18 μg/100 g) et certains laitages enrichis (1 à 5 μg/100 g), ne se limitent pas à son impact osseux. Elle a bien d’autres fonctions et participe notamment à la qualité des défenses immunitaires. Elle contribue en effet à la production de lymphocytes B, producteurs d’anticorps. Dans de nombreuses études, la carence en vitamine D était corrélée à l’augmentation du risque de maladies infectieuses, potentiellement graves (5). Un rôle qui ne doit pas être négligé alors que, en période hivernale, près de 80 % de la population présentent un déficit en vitamine D (6).

Comme toutes les vitamines antioxydantes, les vitamines A et E* aident à protéger les cellules du vieillissement et à optimiser leur fonctionnement. Elles contribuent ainsi au bon fonctionnement des cellules du système immunitaire comme les macrophages et les lymphocytes B et T.

La vitamine E (besoin estimé à 10 à 12 mg/jour) se retrouve essentiellement dans les huiles et les amandes (une poignée en apporte 5 mg) et le risque de carence concerne surtout les femmes adeptes de régimes amaigrissants.

La vitamine A est présente dans le beurre (la portion quotidienne de 20 g couvre 20 % du besoin quotidien en vitamine A) et le carotène dans les légumes et fruits très orangés (carottes, potiron, abricots) et verts (choux, épinards, mâche, roquette, cresson, oseille). Les besoins quotidiens, de 800 U, ne sont pas toujours couverts par les apports (surtout en cas de régimes) et, là encore, les compléments alimentaires peuvent être intéressants chez certains sujets.

En conclusion, le système immunitaire nécessite, pour fonctionner de façon optimale, une alimentation variée et équilibrée, particulièrement bien pourvue en vitamines antioxydantes comme les vitamines C, A et E et en vitamine D. Les études montrent que l’alimentation des Français est loin d’être parfaite et que les déficiences sont fréquentes (environ 20 à 30 % des adultes). Il est donc légitime de prévoir, tout particulièrement en automne ou en hiver, une supplémentation bien pensée par des compléments alimentaires adaptés.

*La vitamine E ne possède pas d’allégation EFSA en lien avec l’immunité
 
Docteur Isabelle Hoppenot
D’après un entretien avec le Dr Laurence Plumey, médecin nutritionniste, Paris

REFERENCES

1. Bozonet SM, Carr AC, Pullar JM, Vissers MC Enhanced human neutrophil vitamin C status, chemotaxis and oxidant generation following dietary supplementation with vitamin C-rich SunGold kiwifruit. Nutrients 2015 ; 7 : 2574-88.
2. Sorice A, Guerriero E, Capone F, Colonna G et al. – Ascorbic acid : its role in immune system and chronic inflammation diseases. Mini Rev Med Chem 2014 ; 14 : 444-52.
3. Hemilä H, Chalker E – Vitamin C for preventing and treating the common cold. Cochrane Database Syst Rev 2013 ; 1 : CD000980.
4. Hercberg S, Preziosi P, Galan P, Deheeger M et al. – Dietary intake of a representative sample of the population of Val-de-Marne ; III. Mineral and vitamin intake. Rev Epidemiol Sante Publique 1991 ; 39 : 245-61.
5. Watkins RR, Lemonovich TL, Salata RA – An update on the association of vitamin D deficiency with common infectious diseases. Can J Physiol Pharmacol 2015 ; 93 : 363-8.
6. Vernay M, Sponga M, Salanave B, Olëko A et al. – Statut en vitamine D de la population adulte en France : l’Étude nationale nutrition santé (ENNS 2006-2007). BEH 2012 ; 16-17 : 189-94.

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