Probiotiques, prébiotiques, synbiotiques : comment s’y retrouver ? - Les défis de la nutrition

Probiotiques, prébiotiques, synbiotiques : comment s’y retrouver ?

15.09.2015
©Fotolia
Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui, lorsqu’ils sont administrés en quantité adéquate, montrent des effets bénéfiques sur la santé de l’hôte. Ce sont majoritairement des bactéries. Les plus communément utilisés sont des espèces de Lactobacillus et Bifidobacterium, quelques espèces d’E. coli et de Bacillus, et la levure Saccharomyces cerevisiae.

Ils ne constituent pas une famille homogène et leur action est souche-dépendante.

Ils interviennent directement sur le microbiote intestinal, dont le rôle majeur est peu à peu mis au jour. Les probiotiques ont des effets positifs immunologiques – tels qu’une activation des macrophages locaux et une modulation du profil des cytokines – et non immunologiques – tels qu’une modification du pH défavorable aux pathogènes ou une compétition avec les pathogènes locaux pour les nutriments.

Les prébiotiques sont des substances alimentaires non digestibles qui induisent des changements spécifiques dans la composition et/ou l’activité du microbiote intestinal, agissant ainsi favorablement sur la santé de l’hôte.

Ils stimulent de manière sélective au niveau colique la croissance de bactéries à impact positif, au détriment des bactéries à impact négatif. Les prébiotiques les plus utilisés sont l’oligofructose, l’inuline, les galacto-oligosaccharides et le lactulose.

Les synbiotiques contiennent à la fois des probiotiques et des prébiotiques. En conséquence, ils exercent un effet pré- et probiotique.

L’intérêt porté aux probiotiques et aux prébiotiques s’est nettement accru avec les avancées réalisées dans la compréhension du microbiote intestinal. Ce dernier est composé de 1014 bactéries, présentes surtout au niveau du côlon et constituant un à deux kilos du poids corporel. Dans les conditions physiologiques, il existe une homéostasie intestinale, avec un équilibre entre des bactéries plus bénéfiques et d’autres moins bénéfiques pour l’organisme. L’avènement des techniques d’exploration du microbiote – en particulier la taxonomie moléculaire qui permet de s’affranchir des cultures – a pu mettre en évidence un déséquilibre de ce microbiote, ou dysbiose, dans de nombreuses maladies : diarrhées, troubles fonctionnels intestinaux, maladies inflammatoires chroniques intestinales, mais aussi obésité ou certains troubles du comportement.

Une nouvelle ère de recherches s’est donc ouverte, qui a conduit à l’isolement de bactéries impliquées dans une maladie particulière, ou à celui de molécules issues de ces bactéries.

À terme, ces travaux offrent des perspectives de développement de nouveaux outils préventifs ou thérapeutiques dans diverses pathologies, comme la maladie de Crohn, les troubles fonctionnels intestinaux ou l’obésité.

 

Dr Isabelle Hoppenot

D’après un entretien avec Philippe Langella, directeur de recherche à l’INRA de Jouy-en-Josas, Institut Micalis.

 

Références

World Gastroenterology Organisation Global Guidelines. Probiotiques et prébiotiques, octobre 2011.

 

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