Quel lien entre vitamine C et fatigue ? - Les défis de la nutrition

Quel lien entre vitamine C et fatigue ?

30.06.2015
©Fotolia

La vitamine C est un antioxydant qui agit comme cofacteur enzymatique et joue de ce fait de nombreux rôles. Son impact spécifique sur la fatigue est assez peu documenté dans la littérature. 

De multiples fonctions

La vitamine C joue des rôles multiples. Elle est avant tout un antioxydant, ce qui explique ses effets sur la fonction immunitaire et la résistance aux infections. Elle agit comme cofacteur enzymatique de nombreuses synthèses, en particulier celle du collagène et a donc une fonction essentielle dans le renouvellement des tissus de soutien (derme, gencives, os, paroi vasculaire…). Elle est également impliquée dans la biosynthèse de la carnitine, qui participe à la performance musculaire, intervient dans le métabolisme énergétique mitochondrial et améliore l’absorption du fer au niveau duodénal.
En France, les besoins en vitamine C sont estimés à 100 mg/jour, un chiffre sans doute sous-estimé qui serait plutôt de 200 mg/jour. Ces besoins sont couverts par une alimentation variée, la vitamine C étant apportée par les fruits et les légumes.
L’absorption intestinale de la vitamine C est active pour les faibles doses, avec un seuil d’absorption estimé à 500 mg/jour : la vitamine C en excès est éliminée par voie rénale.
 
Carences et déficits : la situation en France

L’organisme ne synthétise pas la vitamine C et les carences sont donc strictement nutritionnelles.
La carence sévère et prolongée en vitamine C, qui découle d’une grande dénutrition avec un régime dépourvu de fruits et légumes, est responsable du scorbut, dont l’un des premiers signes est la fatigue. Mais cette carence sévère ne se voit plus qu’exceptionnellement dans nos régions.
En revanche, selon les résultats, pris collectivement, de quatre études épidémiologiques et enquêtes alimentaires visant à mesurer la consommation des Français en minéraux et vitamines (SU.VI.MAX, Étude de Bourgogne, Enquête du Val-de-Marne et ESVITAF), près d’un adulte français sur trois a des apports en dessous de 2/3 des ANC (seuil retenu pour éviter la surévaluation des besoins nutritionnels moyens, les ANC [apports nutritionnels conseillés] étant ceux permettant de couvrir les besoins de 97,5 % de la population). Comme les ANC ont été réévalués depuis, le pourcentage d’adultes à risque est probablement plus élevé. Dans l’Enquête du Val-de-Marne, 20 % des hommes ont des apports inférieurs à 2/3 des ANC en vitamine C.
Cependant, « la non-adéquation entre les apports alimentaires mesurés et les apports recommandés ne permet absolument pas de conclure à l’existence de carence ou de déficience, ni même à une absence de couverture des besoins vitaminiques au niveau des individus. La seule façon d’objectiver la réalité d’une carence ou d’une déficience consiste, dans l’état actuel des connaissances dans ce domaine, à utiliser les paramètres biochimiques » (Serge Hercberg).
 
L’apport de vitamine C a-t-il un effet bénéfique sur la fatigue ?

Le lien entre vitamine C et fatigue est peu documenté dans la littérature.
Néanmoins, certains auteurs ont montré que non seulement la fatigue compte parmi les symptômes d’un déficit en vitamine C (IoM, 2000, et Lukaski, 2004), mais que ce symptôme peut être amélioré par une supplémentation en vitamine C (Levine, 1996) (1).
Le panel d’experts de l’EFSA (European Food Safety Authorithy) conclut de ces études qu’il existe une relation de cause à effet entre apport alimentaire de vitamine C et diminution de la fatigue (1).

En outre, interrogée sur certaines allégations santé des aliments et des compléments alimentaires contenant de la vitamine C, l’EFSA a estimé que ces derniers peuvent, sous réserve d’une teneur minimale, comme c’est le cas pour les autres nutriments, contribuer à la réduction de la fatigue dans des situations d’apports inadéquats (1).
Par ailleurs, dans le contexte très particulier des cancers traités par chimiothérapie, l’impact de la vitamine C sur la fatigue a été établi (2). Dans ce cadre, en effet, l’injection par voie intraveineuse de 7,5 g de vitamine C par semaine pendant quatre semaines améliore la qualité de vie et réduit la fatigue. Ce bénéfice s’expliquerait par l’action antioxydante de la vitamine C.
 
Dr Isabelle Hoppenot
 
D’après un entretien avec le Pr Jean-Louis Schlienger, médecin nutritionniste, Strasbourg

REFERENCES

(1) EFSA. Scientific Opinion. EFSA Journal 2010 ; 8 : 1815.

(2) Carr AC et al. The effect of intravenous vitamin C on cancer- and chemotherapy-related fatigue and quality of life. Front Oncol 2014 ; 4 : 283.

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