Comment gérer la néophobie ? - L'alimentation de l'enfant de 0 à 3 ans

Comment gérer la néophobie ?

22.01.2015

État des lieux

La néophobie alimentaire, ou peur face aux aliments nouveaux, est un phénomène très fréquent qui touche, à des degrés divers, les trois-quarts des enfants entre 2 et 10 ans. Il s’agit donc presque d’un passage obligé. Elle concerne avant tout les aliments au goût prononcé et les légumes, et peut être progressivement atténuée par un processus de familiarisation.

Chapitre 01 : Un phénomène banal et multifactoriel


La néophobie est un phénomène banal et universel, qui se traduit à la fois par un rejet ou une réticence à goûter des produits nouveaux et par le fait de les trouver mauvais lorsque l’enfant accepte de les goûter.
Selon une des rares enquêtes sur le sujet, la néophobie concernerait plus des trois quarts des enfants âgés de 2 à 10 ans, avec un pic entre 4 et 7 ans : 39 % des enfants demandent à goûter les aliments nouveaux avant de manger le plat, 32 % les goûtent si on les force et 6 % refusent de les goûter.
 
Mal expliqué
S’il s’agit donc d’un problème fréquent, il reste mal expliqué : besoin de sécurité et donc éviction de tout ce qui est nouveau ; sensibilité plus ou moins marquée aux odeurs et aux saveurs, en particulier à l’amertume ; caractère rassasiant ou non des produits (par exemple les légumes seraient rejetés car peu rassasiant et les aliments sucrés appréciés car plus nourrissants) ; attitude d’opposition à l’entourage (période du « non »).
 

 Certains enfants vomissent quand un aliment nouveau leur est proposé. En cas de retentissement sur la croissance, une prise en charge médicale, voire une hospitalisation peuvent être nécessaires.


Chapitre 2 : Le meilleur remède : la familiarisation
Si un aliment est rejeté deux ou trois fois, il ne faut pas pour autant abandonner et ne plus le proposer à l’enfant, ce qui restreindrait son alimentation. De même, exercer une pression sur l’enfant sous forme de récompense (« finis tes légumes et tu auras ton dessert »), de chantage ou avec excès d’autorité est inefficace, voire délétère pour les capacités de régulation nutritionnelle ultérieures.
 
Jusqu’à 10 ou 20 fois
La manière la plus efficace de lui faire accepter un aliment est de le lui présenter de façon répétée, parfois 10 ou 20 fois, à quelques jours ou semaines d’écart, mais toujours avec le même mode de préparation, sinon il risquerait d’être considéré comme un produit nouveau.
 
L’éducation sensorielle
Cette répétition doit se faire dans un contexte agréable, par exemple en faisant participer l’enfant à la préparation du repas, le contact entre l’aliment et l’enfant favorisant le développement de la sensorialité. 
L’éducation sensorielle est importante : elle consiste à faire découvrir de nouveaux aliments et à demander à l’enfant de décrire les flaveurs et ses sensations.
Dr Isabelle Hoppenot

À retenir

La néophobie alimentaire de l’enfant est associée à une faible consommation de fruits et de légumes.
Le rôle de la mère et des frères et sœurs participe aussi à l’acceptation des nouveaux aliments, qui sont moins rejetés s’ils sont préalablement goûtés par les autres.

REFERENCES

  • Howard AJ et al. Toddlers' food preferences. The impact of novel food exposure, maternal preferences and food neophobia. Appetite 2012 ; 59 : 818-25.
  • Rigal N. Diversification alimentaire et construction du goût. Arch Pediatr 2010 ; 17 Suppl 5 : S208-12.
  • Cooke LJ et al. Genetic and environmental influences on children's food neophobia. Am J Clin Nutr 2007 ; 86 : 428-33.
  • Rigal N. La Naissance du goût. Comment donner aux enfants le plaisir de manger ? Paris. Éditions Noesis, 2000.

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