Austérité en Italie : sur la santé, les régions se rebiffent
Brève

Austérité en Italie : sur la santé, les régions se rebiffent

20.07.2011

En inscrivant dans son plan d’austérité renforcé une augmentation du ticket modérateur (+ 10 euros pour les visites médicales et les analyses et + 25 euros pour les consultations aux urgences), le ministre du Trésor italien a provoqué la fronde des régions.

Face à la colère des Italiens contre une mesure qui pénalise « seulement les classes moyennes et les plus défavorisés », quinze régions sur vingt ont en effet refusé d’appliquer ce dispositif, entré en vigueur lundi. Soutenues par les médecins qui parlent de « logique de répression favorable au privé », ces collectivités demandent au ministre du Trésor de faire marche arrière. Leur argument ? Vue l’introduction extrêmement rapide de ce dispositif, les régions n’ont pas eu le temps d’évaluer les impacts de l’augmentation. Ni d’étudier des solutions alternatives pour éviter des dérapages. « L’introduction d’un ticket de 25 euros pour les consultations en urgence pénalisera surtout les malades chroniques, les personnes âgées et les immigrés. En clair, ils ne pourront plus se soigner », juge le gynécologue urgentiste Marco Macri.

Pour pousser Giulio Tremonti dans ses retranchements, les régions veulent aussi soulever la question de leurs futures pertes financières. Selon les estimations du syndicat CGIL, certaines analyses coûteront désormais moins cher dans le privé. « Seuls les Italiens qui pourront payer – du moins dans une certaine mesure – vont se retourner vers le privé. Les autres, ne pourront plus se faire soigner », explique Licia Canale, une laborantine du service public romain. Une logique d’autant plus pénalisante pour les structures publiques qu’elles devront toujours inscrire dans leurs bilans annuels les coûts fixes. À savoir les salaires du personnel, la maintenance des locaux et des instruments

D’ici à la fin de la semaine, les conseillers délégués à la Santé des vingt régions italiennes se réuniront à Rome pour rédiger leurs cahiers de doléance. Reste à savoir s’ils réussiront à obliger le gouvernement Berlusconi à revoir sa copie.

 De notre correspondante Ariel F. Dumont
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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