10 exhumations requises pour confondre l’ex-morgue de Lens
Brève

10 exhumations requises pour confondre l’ex-morgue de Lens

11.07.2011

Me Philippe Missamou est décidé à faire toute la lumière sur les dysfonctionnements de l’institut médico-légal de Lens, fermé fin décembre 2008 après une première plainte déposée en avril 2008. Un homme avait en effet lancé une action en justice pour contester le traitement réservé au corps de son épouse, qui n’avait pas été recousu après autopsie. Mais l’enquête administrative avait été classée sans suite par le parquet de Béthune.

L’avocat d’une vingtaine de familles qui mettent en cause les pratiques douteuses de l’ancienne morgue revient à la charge aujourd’hui, avant que le délai de prescription ne rende impossible toute poursuite pénale. Il entend déposer une assignation en responsabilité contre le ministre de la Justice devant le tribunal de grande instance de Paris avant la fin du mois de juillet. Selon Me Missamou, les familles souhaitent « que l’on reconnaisse que des fautes ont été commises par des agents de l’État ». Chacune demande une indemnisation de 100 000 euros.

Il a également demandé au parquet de Béthune, il y a 3 semaines, l’exhumation de 10 corps, car les proches craignent qu’il ne s’agisse pas de leurs morts : les cercueils scellés auraient été restitués aux familles sans qu’elles puissent voir les dépouilles, avance l’avocat. « On leur a dit que c’était les corps de leurs parents décédés. Or il y a eu des témoignages de certains membres du personnel, qui se sont confiés aux familles, qui pensent que les cercueils qui ont été remis ne comportent pas les corps de leurs parents », a-t-il déclaré à l’AFP. « Il aurait pu y avoir des inversions, il y a beaucoup de choses inavouées. Les familles commencent même à se dire peut-être qu’il y a eu certaines pratiques illicites ». Ce que confirme le témoignage d’Anita Gilliot, dont le fils a été autopsié à Lens. Un thanatopracteur lui a confié que « les corps étaient dépecés comme des lapins », et que « dans 90 % des cas, c’était un carnage total ».

La demande d’exhumation est à ce jour restée sans réponse. Mais l’avocat reste déterminé. « On fera la démonstration de la faute commise par les médecins légistes. Ils ont pratiqué des autopsies en méconnaissance des règles de l’art. Ils n’ont pas respecté l’intégrité de ces cadavres et la dignité de ces personnes décédées. »

C. G.
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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