Médecine libérale ou entrepreneuriale ?

Médecine libérale ou entrepreneuriale ?

10.10.2016
Créer son exercice, exercer à l’acte ou être salarié, la médecine générale évolue au fil d’une carrière et peut prendre différentes formes. Témoignages de praticiens de terrain dans un petit village français et dans la capitale britannique.
Quitter la France après un burn out pour intégrer le National Health Service (NHS) britannique en 2002 : tel est le parcours qu’a suivi Jean-François Charles, aujourd’hui Médecin généraliste à Londres. « L’accueil était favorable. J’ai suivi un stage de formation et des cours d’anglais pendant douze semaines pour intégrer le NHS, heureux d’être salarié. Mais, je me suis rapidement heurté aux objectifs à respecter. J’ai ainsi osé diagnostiquer une mononucléose infectieuse dès la première consultation, en demandant une prise de sang de contrôle, alors que j’aurais dû le faire à la seconde entrevue. Des consultations qui ne dépassaient d’ailleurs pas plus de 7 minutes (10 minutes aujourd’hui). En cas de retard, la secrétaire avait pour consigne de reprendre un rendez-vous pour le patient. »
Autre spécificité au Royaume-Uni : les médecins sont soumis à un audit d’activité tous les ans. Le but : dépister des comportements non éthiques. Mais, pour le Dr Charles, « la fibre libérale est vite revenue, face à une population londonienne demandeuse de soins en médecine privée. Je n’exerce actuellement que la médecine privée ».
Dans l’Hexagone, d’autres généralistes optent pour une installation en zone rurale. C’est le cas de Jacques-Olivier Dauberton, un jeune médecin généraliste à Saint-Rémy-en-Bouzemont (Marne). Ce médecin rural a eu la chance de pouvoir créer un exercice et de bien gagner sa vie, explique-t-il. « Nous, MG, devons mettre en place des initiatives innovantes sur le terrain ». Avec des élus et une équipe de soins rencontrés pendant son internat à Reims, il a mis en place une maison de santé qui correspondait aux attentes.
« En France, nous avons la chance d’avoir un système libéral, mais qui se limite à l’acte. Nous avons donc cherché d’autres modes de financement de notre projet de soins. Il faudrait se poser la question du financement des soins primaires ; ce qui est fondamental ou pas, payé par l’État ou pas. L’équipe de soins pourrait alors en discuter avec le patient », conclut le Dr Dauberton.

Débat avec Jean-François Charles, médecin généraliste, Londres ; Jacques-Olivier Dauberton, médecin généraliste, Saint Rémy-en-Bouzemont ; président de ReAGJIR. Animé par Guy Vallancien, président de CHAM, chirurgien, professeur d’urologie à l’université de Paris-Descartes.
Christine Colmont
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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