Prix des médicaments : les vérités décoiffantes de Noël Renaudin, ex-patron du CEPS

Prix des médicaments : les vérités décoiffantes de Noël Renaudin, ex-patron du CEPS

Henri de Saint Roman
| 08.09.2016
  • renaudin

Ancien président (1999-2011) du Comité économique des produits de santé (CEPS, chargé de fixer les prix des médicaments), Noël Renaudin était mercredi l'invité des rencontres du « Café nile », à Paris. L'ancien responsable, qui s'était astreint à un devoir de réserve depuis son départ du comité, n'a cette fois pas mâché ses mots. 

Le débat sur le prix des médicaments innovants ? « Il fait rage, sans produire aucun résultat », regrette-t-il. Convaincu qu'il est désormais nécessaire de restreindre l'accès au remboursement de certaines innovations coûteuses, il n'y va pas par quatre chemins : « Oui, les nouveaux médicaments sont trop chers, le nombre d'innovations intéressantes explose, et l'argent est devenu rare. » 

Des capitalistes étrangers qui s'enrichissent 

Certains industriels en prennent pour leur grade : « On est en train de ruiner la production française et européenne de médicaments au profit de quelques capitalistes étrangers qui s'enrichissent, le système dysfonctionne. » À ses yeux, la faute en revient surtout aux pouvoirs publics, accusés de ne pas vouloir sélectionner les innovations qui arrivent sur le marché. « Aujourd'hui, répète-t-il, l'intérêt général commande de choisir parmi les nouveaux médicaments » ceux qui seront pris en charge par l'Assurance-maladie.

La proposition de régulation internationale du prix du médicament formulée par François Hollande lors du G7 de mai dernier ? Noël Renaudin n'y croit pas. Une négociation sur les prix menée par des pays « prêts à tout pour accueillir l'innovation » « ne changera rien ».

ATU en question

Le système n'est pas soutenable, met en garde Noël Renaudin qui avance quelques pistes : renoncer au dispositif – selon lui inflationniste – de l'AMM conditionnelle ; limiter le remboursement des médicaments sous autorisation temporaire d'utilisation (ATU) à leur prix de production ; mettre fin aux contrats de performance (qui permettent à un laboratoire d'obtenir pour son innovation un prix satisfaisant, mais révisable en fonction de ses résultats dans la vraie vie). Ces contrats sont aujourd'hui plébiscités par les industriels « qui peuvent ainsi mettre sur le marché des produits qu'ils ne sortiraient pas forcément sans ce dispositif ».

Noël Renaudin enfonce le clou. « Notre système de santé a aujourd'hui plus besoin d'argent pour financer la dépendance que pour rembourser les médicaments. »

Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 2 Commentaires
 
Michael F Médecin ou Interne 09.09.2016 à 16h54

Le prix du médicament, celui qui fait que certaines molécules vraiment innovantes n'arrivent pas en France car ils demandent au laboratoire de s'aligner sur les tarifs de génériques d'un médicament Lire la suite

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pierre b Médecin ou Interne 08.09.2016 à 20h47

Le prix du médoc ? c'est par exemple pour tout ce qui touche la diététique, choisir de payer une boîte de médicament 80 euros le mois et ad-vitam éternam plutôt que d'investir dans de l'humain pour Lire la suite

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