Essai de Rennes : fin de partie pour BIA 10-2474

Essai de Rennes : fin de partie pour BIA 10-2474

Betty Mamane
| 07.07.2016

L'essai BIA 10-2474 est définitivement arrêté, a confirmé son instigateur, le laboratoire portugais Bial. Cette étude clinique menée par le centre de recherche Biotrial avait provoqué la mort d'un volontaire en janvier dernier à Rennes.

« Suite à l'incident survenu dans le cadre de l'essai clinique de Rennes, nous avons décidé de suspendre l'essai clinique ainsi que la recherche à des fins commerciales sur la molécule BIA 10-2474. L’analyse rigoureuse et exhaustive de ce qui est arrivé pendant l’essai clinique continue à être une priorité pour BIAL et nous poursuivons nos investigations internes sur cette molécule afin de faire toute la lumière sur l'accident qui s'est produit à Rennes », a précisé le porte-parole du laboratoire au « Quotidien ».

Après 8 ans de tests et 11 ans d'investissement

Le directeur de Bial, Antonio Portela, avait déclaré lors d'une conférence de presse au Portugal, mercredi 6 juillet, que le laboratoire mettait fin à toutes les recherches sur cette molécule, « après huit ans de tests et onze ans d’investissements ». Dans le cadre de cet essai, 6 personnes avaient été hospitalisées dont un homme de 49 ans qui est décédé. En juin, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre X pour homicide involontaire, alors que la molécule a été clairement incriminée suite aux conclusions rendues par un comité d'experts réunis par l'ANSM. Le produit testé pour ses propriétés antalgiques est un inhibiteur de l'enzyme FAAH. Celle-ci intervient dans la dégradation de l'anandamide, un cannabinoïde endogène présent naturellement dans l'organisme.

Dans son rapport final remis à Marisol Touraine fin mai, l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) avait reproché plusieurs manquements à Biotrial, le prestataire en charge de l'essai. Ces reproches portaient sur l'absence de recherche d'information en temps réel sur l'évolution de l'état de santé du premier volontaire et le fait de ne pas en avoir averti les autres volontaires dès l'hospitalisation de la victime, se passant ainsi de leur consentement éclairé pour accepter la dernière administration de la molécule testée.

Pas de litige mais plus de partenariat entre Bial et Biotrial

« Le partenariat liant Biotrial à Bial a été rompu, sur cette molécule, dès le mois de janvier. Nous ne travaillons pas aujourd’hui avec Bial sur d’autres molécules. Pour autant, il n’y a pas de litige entre nos deux sociétés », a déclaré François Peaucelle, le directeur général de Biotrial, interrogé par « le Quotidien ». « La confirmation donnée par Bial est donc une évidence et n'est une surprise pour personne. Nous attendons, comme eux, les conclusions de la justice. »

Le laboratoire Bial a lui aussi plusieurs fois été pointé du doigt pour sa responsabilité dans l’accident. La police sanitaire avait estimé par ailleurs que le laboratoire Bial, promoteur de l'essai, avait également tardé à informer les autorités sanitaires.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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