La Commission européenne prolonge l'autorisation du glyphosate pour 18 mois maxi

La Commission européenne prolonge l'autorisation du glyphosate pour 18 mois maxi

29.06.2016

La Commission européenne a annoncé mercredi la prolongation, pour une période de 18 mois maximum, de l'autorisation dans l'UE du glyphosate, herbicide controversé, malgré la résistance de certains États membres.

La Commission explique avoir « décidé de prolonger l'autorisation du glyphosate pour une période limitée, jusqu'à ce que l'Agence européenne des produits chimiques publie son avis, au plus tard à la fin de 2017 ». Bruxelles a justifié cette décision par le refus des États membres de « prendre leur responsabilité » sur le sujet.

La France et Malte contre, 7 abstentions, 19 pour

La Commission s'est résolue à assumer la prolongation de la licence du glyphosate, faute d'être parvenue à trouver une majorité qualifiée auprès des États membres. Les représentants des 28, réunis à plusieurs reprises au sein d'un comité technique chargé de se prononcer sur l'autorisation de certaines substances chimiques, n'ont jamais réussi à s'entendre sur la question.

Lors d'un dernier vote le 24 juin, malgré une majorité simple de pays en faveur (19), la proposition de la Commission avait été rejetée car le quorum n'était pas atteint en termes de population représentée (52 % contre les 65 % requis).

L'autorisation du glyphosate dans l'UE arrivait à échéance jeudi et si aucune décision n'avait été prise avant il se serait trouvé interdit de fait sur le territoire de l'Union.

Le glyphosate est l'herbicide le plus utilisé en Europe et ses effets sur la santé font l'objet d'une controverse au nom du principe de précaution. La France, comme elle l'avait annoncé, et Malte avaient voté contre son autorisation et sept pays (Allemagne, Italie, Portugal, Autriche, Luxembourg, Grèce, Bulgarie) s'étaient abstenus.

Au final, la Commission promet toutefois d'assortir la prolongation de licence du produit de mesures de restriction. Bruxelles va notamment « minimiser » son utilisation dans les parcs et jardins publics. L'adjuvant, le POE-tallowamine, utilisé dans certains produits à base de glyphosate, va être interdit. « Des discussions ont eu lieu avec les États membres cette semaine sur ce sujet mais n'ont pas été concluantes », observe la Commission.

Les associations dont la Ligue contre le cancer, contestent

Les associations – Foodwatch, Générations futures et la Ligue contre le cancer – crient au « scandale ». « On peut penser que la Commission gagne du temps par crainte des foudres de l’industrie chimique. Mais le glyphosate est d’ores et déjà considéré comme probablement cancérogène pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) et le sera toujours dans 18 mois. Il faut donc l’interdire pour protéger la santé des consommateurs et des agriculteurs en appliquant strictement le principe de précaution inscrit dans nos textes européens », estiment-elles. Les trois associations ont lancé une pétition qui a déjà recueilli 156 000 signatures. « Les trois organisations ne comptent pas en rester là. Des procédures juridiques en cours permettront peut-être de mettre en lumière l’illégitimité, voire l’illégalité, de cette autorisation », déclarent-elles.

Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 4 Commentaires
 
anza Médecin ou Interne 30.06.2016 à 16h28

Quelle honte effectivement !! Et s'il n'y avait que le glyphosphate comme produit notoirement toxique autorisé...
Les générations prochaines nous remercieront du fond de leur chimio.

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ANDRE R Médecin ou Interne 29.06.2016 à 22h12

J'ai honte de cette Europe qui, quelques jours seulement après la victoire du brexit, confirme sa lâcheté et sa soumission au monde de l'argent. Il faut vraiment beaucoup de courage pour continuer à Lire la suite

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Hervé M Médecin ou Interne 29.06.2016 à 22h11

L'argent?...ben non elle voit bien aussi que ça tue, puisque tout le monde le sait et elle en premier qui interrompt les tests au bout de 3 mois pour cacher les tumeurs des rats qui surviennent Lire la suite

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Thierry F Médecin ou Interne 29.06.2016 à 21h09

Justifier de laisser sur le marché des cancérogènes c'est une honte. Le Lobbying industriel a de quoi se réjouir....Mais qu'en sera-t-il de la santé de nos enfants et petits enfants ????? Honte à Lire la suite

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