Nîmes et Montpellier déploient le dispositif VigilanS pour prévenir les récidives de tentatives de suicide

Nîmes et Montpellier déploient le dispositif VigilanS pour prévenir les récidives de tentatives de suicide

22.06.2016
  • SUICIDE

Se tenir à l'écoute des personnes hospitalisées suite à une tentative de suicide dans le but de faire chuter le taux de récidive… Tel est le credo de VigilanS, un dispositif dernièrement déployé aux CHU de Nîmes et Montpellier. Également en vigueur dans la région de Lille, en Bretagne, ainsi qu'en Normandie, ce dispositif est basé sur le maintien, pendant 6 mois, d'une communication régulière entre l'hôpital et le malade.

Un numéro vert et une équipe spécialisée

Une fois le patient parti du CHU, un numéro vert lui est confié afin qu'il puisse joindre une équipe spécialisée en cas de besoin. « Les patients qui appellent sont les plus à risque et mérite à ce titre une écoute particulière », explique le Dr Jorge Lopez-Castroman, psychiatre au CHU de Nîmes.
Qu'il décide ou non d'appeler de lui-même, le patient est de toute façon contacté au téléphone par une équipe composée de trois infirmières et d'un psychologue travaillant pour le département urgence et post-urgence psychiatrique du CHU de Montpellier. « À la suite de cet appel dans les 10-20 jours qui suivent l'hospitalisation du patient suicidant, des interventions adaptées se déclenchent si besoin. Il peut s'agir d'une prise de rendez-vous en urgences, d'une réorganisation du suivi médical, d'un nouvel appel téléphonique ou encore de l'envoi de cartes postales personnalisées, destinées à rappeler aux patients qu'une équipe est à son écoute », explique le Pr Philippe Courtet, psychiatre au CHU de Montpellier et coordonnateur régional de VigilanS.

Réduire de 10 à 20 % le taux de récidives

Dans l'ex-Languedoc-Roussillon, 428 personnes sont mortes des suites d'un suicide (9 715 en France) en 2012 (dernières données disponibles) et 2 169 personnes ont eu recours à un séjour hospitalier suite à une tentative. « D'après les premiers retours que nous avons de la région lilloise, il est raisonnable de penser que la mise en place de ce dispositif peut faire baisser de 10 à 20 % le taux de récidive de tentatives de suicide », précise le Pr Courtet.
À terme, différents hôpitaux de la région doivent être intégrés à VigilanS. En outre, un travail de sensibilisation doit être mené avec les médecins de ville des patients concernés. Un numéro de téléphone dédié à ces professionnels de santé doit d'ailleurs être créé afin d'améliorer le suivi des personnes attentant à leurs jours qui, selon le Pr Courtet, sont « environ 15 % à mourir par suicide ».

De notre correspondant Guillaume Mollaret
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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