Laser vasculaire et applications - Radiodermites chroniques, mélasma, angiomes plans…

Laser vasculaire et applicationsRadiodermites chroniques, mélasma, angiomes plans…

16.06.2016

L’usage des lasers en dermatologie s’amplifie et les indications se multiplient. Si certaines indications sont bien établies, d’autres sont encore en cours d’évaluation. Le Groupe Laser de la Société française de dermatologie (SFD) a mis en avant, au cours des Journées parisiennes du laser, le laser vasculaire. Loin de l’exhaustivité, nous revenons ici sur trois des applications du laser vasculaire qui font l’objet d’évaluations.
 

  • Laser vasculaire et applications - Radiodermites chroniques, mélasma, angiomes plans…-1

Laser vasculaire et radiodermites chroniques

« Jusqu’à 30 % des femmes traitées par radiothérapie pour leur cancer du sein présenteront une radiodermite chronique, cinq à dix années après leurs traitements », affirme le Dr Jean-Michel Mazer (dermatologue, Paris). La radiodermite chronique se manifeste par de nombreuses télangiectasies (vaisseaux rouges dilatés) au sein d’un placard cicatriciel et souvent induré, parfois siège de plaies chroniques. Ces télangiectasies sont d’autant plus visibles qu’elles sont regroupées en placards de forme géométrique, souvent rectangulaires, reproduisant la zone irradiée. La topographie est le plus souvent présternale. On observe également des dyschromies (anomalies de distribution du pigment, responsables de zones dépigmentées, blanches, siégeant au contact de taches brunes), une atrophie cutanée (peau très fine et fragile) et, possiblement, une fibrose sous-cutanée (induration d’aspect cireux de la peau). « La radiothérapie crée une atrophie des glandes sébacées à l’origine d’une sécheresse cutanée à laquelle il faut remédier par une bonne hydratation pluriquotidienne de la peau ; il faut également protéger cette zone cutanée du soleil », conseille le Dr Hans-Joachim Laubach (dermatologue, Strasbourg).
 « Ce sont des placards cutanés affichants qui, par leur risque de plaies chroniques, de transformation, et de ces séquelles inesthétiques altèrent le droit à l’oubli », insiste J.-M. Mazer.
Pour le Groupe Laser de la Société française de dermatologie, le laser vasculaire à colorant pulsé ou le laser vasculaire KTP peuvent être proposés aux femmes pour améliorer la composante vasculaire. « L’efficacité de cette technique simple est rapide dès la première séance de traitement et, pour 90 % des femmes, cette efficacité est durable. Le profil de tolérance de cette technique est bon. Et le degré de satisfaction des femmes est excellent », ont affirmé les experts. Afin de faire connaître cette possibilité thérapeutique sur les télangiectasies de la radiodermite, la Société européenne du Groupe Laser et le Groupe Laser de la SFD lancent une campagne publique ce mois-ci jusqu’en septembre 2017 pour sensibiliser le grand public et l’ensemble des médecins à la possibilité de la prise en charge thérapeutique par laser des radiodermites chroniques du sein.
Mais, cet enthousiasme est pondéré par d’autres spécialistes pour lesquels de nombreuses questions restent en suspens : des études comparatives avec d’autres techniques telles que, par exemple l’électrocoagulation, d’autres techniques de sclérose, devraient être menées ; l’évaluation sur l’innocuité à long terme sur un nombre suffisant de patientes et l’impact sur la prévention des plaies chroniques, voire du risque de transformation, restent également à démontrer. À ce jour, les données de la littérature s’appuient sur de petits groupes de patientes (1, 2). De grandes études scientifiques restent donc à réaliser pour asseoir l’Evidence-Based Medicine de cette technique encore en débat aujourd’hui dans cette indication.
 

Laser vasculaire et mélasma

L’équipe française du Pr Thierry Passeron (Nice) a récemment découvert l’intérêt d’un laser vasculaire, le laser à colorant pulsé dans le traitement du mélasma.
Cette pathologie, qui n’est plus appelée « masque de grossesse » (car elle peut apparaître sans grossesse), se manifeste sous forme de taches brunes disgracieuses sur les joues, le front et la lèvre supérieure. Quel que soit le traitement proposé, cette maladie présente l’inconvénient de récidiver à la faveur de la moindre exposition solaire.
Il a été démontré tout récemment que l’augmentation de la vascularisation, constatée dans le mélasma comme dans certaines autres pathologies pigmentaires, était capable de stimuler la pigmentation. L’endothéline, sécrétée par les cellules endothéliales de la microvascularisation cutanée, se fixe en effet sur les récepteurs B à l’endothéline situés à la surface des mélanocytes. Dès lors, le blocage de ces récepteurs de l’endothéline ouvre des perspectives thérapeutiques intéressantes dans bon nombre de pathologies pigmentaires dont le mélasma.
Les résultats publiés dans une grande revue américaine montrent ainsi qu’un traitement par laser vasculaire permet de prévenir les récidives de mélasma, y compris à long terme.

 
Laser vasculaire et angiomes plans

La photothermolyse sélective des vaisseaux par le laser à colorant pulsé reste actuellement le traitement de référence des angiomes plans. De nombreuses séances, étalées sur plusieurs années, sont cependant nécessaires pour atténuer ou, plus rarement, faire disparaître les angiomes plans. Les facteurs de résistance au traitement sont nombreux. Certaines équipes se sont intéressées à l’idée de rapprocher les séances dès le plus jeune âge pour optimiser les résultats, la taille et l’épaisseur de l’angiome plan étant plus limités chez le très jeune enfant, et ainsi réduire le nombre de séances nécessaires (3). La topographie centro-faciale est probablement plus difficile à atténuer par le laser du fait du diamètre et de la profondeur des vaisseaux à ce niveau (4).
La néoangiogenèse constitue un frein au blanchiment total de l’angiome plan. Dans la littérature, il existe un intérêt croissant porté aux traitements combinant le laser vasculaire à certains agents antiangiogéniques dans leur forme systémique ou en topique (5). Des résultats préliminaires avec l’axitinib semblent également encourageants (6).
 
Dr Sophie Carrillo
 
D’après une conférence de presse et des communications dans le cadre des Journées parisiennes du laser sous l’égide du Groupe Laser de la Société française de dermatologie.
 
Références bibliographiques :
 
(1) Nymann P et al. Br J Dermatol 2009 ; 160 : 1237-41.
(2) Lanigan SW et al. Br J Dermatol 2003 ; 148 : 77-9.
(3) Swan BC et al. Australas J Dermatol 2016. Publication sous presse.
(4) Yu W et al. J Am Acad Dermatol 2016 ; 74 : 527-35.
(5) Griffin TD Jr et al. Lasers Surg Med 2016 ; 48 : 193-6.
(6) Gao L et al. Br J Dermatol 2015 ; 172 : 669-76.


Source : Lequotidiendumedecin.fr

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