Un « ancien combattant de la chimio » donne bons et mauvais points aux nouveaux traitements

Un « ancien combattant de la chimio » donne bons et mauvais points aux nouveaux traitements

Anne Bayle-Iniguez
| 15.06.2016

Yannick Le Corre est un patient reconnaissant. Atteint de la maladie de Waldenström et d'une insuffisance rénale, cet homme de 75 ans a témoigné de l'évolution du parcours de soins du patient cancéreux et du rôle des différents professionnels de santé ces 20 dernières années, lors d'une table ronde organisée ce mercredi par les laboratoires Janssen.

Celui qui se définit comme un « ancien combattant de la chimio » a passé son temps, entre 1999 et 2010, à faire des allers-retours deux à trois fois par an entre Septeuil, petit bourg des Yvelines, et les grands hôpitaux parisiens. D'abord l'Hôtel-Dieu, puis Saint-Antoine (Assistance publique - Hôpitaux de Paris), situés à 70 km de chez lui.

S'il comprend que chaque patient ne peut être voisin d'un oncologue, Yannick Le Corre rappelle que ce suivi spécialisé n'aurait pas été possible pour lui si sa santé lui avait fait défaut. « Je peux encore me déplacer et ne suis pas isolé, a-t-il témoigné. Ma femme m'accompagnait et je fais partie de l'association SILLC* de patients. Ce n'est pas le cas de tout le monde. »

Risque d'isolement

La montée en puissance de la chimiothérapie orale et du suivi à domicile a aussi changé la donne dans la prise en charge des patients cancéreux. En bien mais aussi potentiellement en mal.

« J'ai basculé brusquement dans la médecine nouvelle, a indiqué Yannick Le Corre. Deux gélules par jour ont remplacé les trajets à l'hôpital. Indéniablement, je bénéficie d'un confort de traitement mais le risque d'isolement existe. »

Alors que la e-santé et la télémédecine ont le vent en poupe, le monde « de la surabondance d'informations digitales » peut selon lui effrayer les patients cancéreux les plus âgés.

Yannick Le Corre a insisté sur la nécessité de maintenir auprès des patients cancéreux des professionnels de santé de proximité. Selon lui, le « vrai pharmacien de village », de par sa disponibilité et sa connaissance des molécules, est un « appui extraordinaire » pour ses patients. « Le médecin généraliste de ville ne connaît pas grand-chose à ces choses-là, mais il peut se former », a-t-il ajouté.

La désertification médicale galopante constitue un grand motif d'inquiétude. À Septeuil, le médecin généraliste prend sa retraite à la fin de l'année. C'est le dernier. Sans lui, la pharmacie survivra-t-elle ?

* Soutien et information à la leucémie lymphoïde chronique et la maladie de Waldenström

Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 1 Commentaire
 
jean-jacques l Médecin ou Interne 16.06.2016 à 07h10

"Sans lui, la pharmacie survivra-t-elle" : sans médecin, une pharmacie a peu de chance de survivre
questions subsidiaires : combien d'habitants et quelle est l'évolution de la démographie ?

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