L'ANSES publie de nouvelles règles d'utilisation des téléphones mobiles à l'hôpital

L'ANSES publie de nouvelles règles d'utilisation des téléphones mobiles à l'hôpital

Dr Lydia Archimède
| 14.06.2016
  • telephone

« L’usage des téléphones mobiles est devenu banal au sein des hôpitaux », souligne l'Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation, environnement, travail (ANSES) qui publie les conclusions d'un avis sur l'impact des radiofréquences émises, notamment par les téléphones portables sur les dispositifs médicaux.

Trois zones d'usages

Dans cet avis, réalisé à la demande des ministères de la Santé et de l'Environnement, le Comité d'experts de l'ANSES indique qu'une « interdiction de l’usage des téléphones mobiles… dans les établissements de santé, telle que préconisée dans les années 1990, apparaît aujourd’hui peu justifiée » et recommande plutôt la mise en place de 3 zones d’usages : autorisés, limités et interdits. Les porteurs de dispositifs médicaux implantables actifs (pacemaker, neurostimulateur, etc.) doivent veiller à éloigner les sources d’exposition les plus fortes (téléphones mobiles).

Depuis la circulaire d’octobre 1995, qui alertait sur les risques d’interférences des champs électromagnétiques avec les dispositifs médicaux et invitait les établissements de santé à informer leur personnel et les patients sur ce danger potentiel, des données plutôt rassurantes ont été publiées et ont conduit un assouplissement des règles.

En particulier, les conclusions d'une étude du comité d’évaluation et de diffusion des innovations technologiques (CEDIT) réalisée en 2003 indiquaient qu'il n'y avait pas d'interférence et donc pas de danger à une distance supérieure à 1,5 mètre, sous réserve de certaines précautions à prendre pour les porteurs d’implants médicaux actifs.

Les téléphones sont désormais très utilisés dans les hôpitaux par les patients et par les familles mais aussi par les professionnels de santé eux-mêmes, qui l'utilisent à des fins privées mais aussi certaines applications (calculs de score, alarmes de transfert de monitoring, appels d'urgence…).

La nouvelle évaluation porte sur les dispositifs médicaux électriques et électroniques non implantables (DM) : pousse-seringues, respirateurs, systèmes de monitoring, appareils d'échographie, ECG… mais aussi les dispositifs implantables actifs (DIM) : implants cardiaques, pacemakers, défibrillateurs, neurostimulateurs.

Les sources de champ électromagnétiques étudiées sont les téléphones mobiles mais aussi les dispositifs WI-FI, Bluetooth, téléphone sans fil (DECT), talkies-walkies (type TETRA) ainsi que les technologies RFID (Radiofrequency Identification) très présentes en milieu hospitalier. « Le téléphone mobile est la source d’exposition aux radiofréquences potentiellement la plus élevée, en intensité », souligne l'avis. Les dispositifs utilisés en soins intensifs restent les plus sensibles (pousse-seringues…).

Hors des services de soins intensifs

Compte tenu de l'extrême diversité des situations, des sources et des dispositifs, « il n’est pas possible de définir une règle unique concernant une distance minimale à respecter entre les dispositifs médicaux et les sources électromagnétiques, applicable à toutes les situations », relèvent les experts.

Les experts recommandent que les téléphones mobiles restent éteints dans les lieux comportant des dispositifs électromédicaux à fonction critique ou servant au maintien de la vie (unités de soins intensifs, blocs opératoires, néonatalogie, services d’urgence, etc.), ainsi qu’à proximité des lits de patients connectés à des dispositifs électromédicaux.

En cas d'utilisation professionnelle, les personnels de santé doivent passer leurs appels téléphoniques à distance d’appareils électromédicaux. L'avis précise que les téléphones DECT, engendrant une exposition plus faible que les téléphones mobiles, les professionnels médicaux doivent privilégier ce moyen de communication.

Dispositifs implantables : informer patients et professionnels

Concernant les dispositifs médicaux implantés actifs, les patients doivent veiller à éloigner les sources d’exposition les plus fortes (téléphones mobiles) de leur dispositif (ne pas mettre le téléphone dans une poche à proximité d’un implant, téléphoner avec l’oreille opposée, etc.) ou veiller aux précautions recommandées par les fabricants lors du passage sous des portiques de sécurité (antivol, aéroports). Les acteurs de la chaîne de soins (fabricants de matériels médicaux, professionnels de santé) doivent être formés afin de pouvoir relayer les précautions d’usage recommandées par les fabricants auprès des patients et leur entourage.

De même, les professionnels de santé non hospitaliers qui utilisent des électrostimulateurs (kinésithérapeutes, par exemple) devraient bénéficier de formations leur permettant d’analyser le bénéfice/risque pour les patients.

Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 4 Commentaires
 
CHRISTINE M Médecin ou Interne 16.06.2016 à 10h37

Les services hospitaliers ne peuvent plus accueillir ni les électrosensibles ni les chimicosensibles ; or, leur nombre augmente rapidement ; va-t-il enfin y avoir une réflexion, et une prise en Lire la suite

Répondre
 
astrid w Médecin ou Interne 16.06.2016 à 03h35

Vu l'indigence programmée des secrétariats tous les médecins sont bien obligés d'utiliser leur portable quand il n'y a pas de portable hospitalier prévu, sinon personne ne les trouve jamais. Cette Lire la suite

Répondre
 
astrid w Médecin ou Interne 16.06.2016 à 03h35

Vu l'indigence programmée des secrétariats tous les médecins sont bien obligés d'utiliser leur portable quand il n'y a pas de portable hospitalier prévu, sinon personne ne les trouve jamais. Cette Lire la suite

Répondre
 
Hervé M Médecin ou Interne 14.06.2016 à 21h26

« HUM;;;Les experts en question feraient bien de s'informer sérieusement, car si l'hopital ne peut meme plus accueillir la fraction de plus en plus grande de patients EHS, alors il y a un sérieux prob Lire la suite

Répondre

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Santé au travail, médiateurs, coaching : comment Touraine veut « soigner les soignants » dans les hôpitaux

touraine

Attendu depuis des mois par la communauté hospitalière, le plan d'action du gouvernement visant à améliorer les conditions de travail des... 3

Vaccination par les pharmaciens, protection maternité : le budget de la Sécu définitivement adopté

vaccin ph

Le Parlement a adopté définitivement ce lundi, par un ultime vote de l'Assemblée nationale, le PLFSS 2017 (projet de loi de financement de... Commenter

Le nombre de cancers a augmenté de 33 % entre 2005 et 2015 dans le monde

En 2015, 17,5 millions de cas de cancer ont été recensés dans le monde, ainsi que 8,7 millions de décès, selon la dernière édition du... Commenter

A découvrir

l'annuaire du-diu

GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter

imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter