16e journée du sommeil : pleins feux sur la lumière délétère des écrans

16e journée du sommeil : pleins feux sur la lumière délétère des écrans

Coline Garré
| 18.03.2016
  • ECRAN SOMMEIL

À l'occasion de la 16e journée du sommeil, l'Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) alerte sur l'impact néfaste de notre utilisation des nouvelles technologies sur la santé.

« Les écrans envahissent notre quotidien », observe le Dr Sylvie Royant-Parola, psychiatre et vice-présidente de l'INSV. La moitié des Français (46 %) passent plus de 2 heures par jour devant l'ordinateur pour des raisons personnelles, une proportion qui s'élève à 80 % chez les étudiants et les actifs, selon un sondage INSV/MGEN, réalisé par Opinion Way auprès de 1 013 personnes de 18 à 65 ans, entre les 3 et 13 décembre 2015. « L'ordinateur, tablette, le téléphone, supplantent la télévision dans les chambres à coucher », constate le Dr Joëlle Adrien, neurobiologiste et présidente de l'INSV.

Plus problématique est le temps passé sur les écrans le soir. Près de 4 Français sur 10 (36 %) utilisent un écran le soir, dans leur lit, y compris en vacances ou le week-end. Ce sont majoritairement des jeunes de 18 à 24 ans ; ils mettent plus de temps à s'endormir (24 minutes versus 21 minutes), sont plus nombreux à souffrir d'au moins un trouble du sommeil, présentent des réveils nocturnes plus longs (24 minutes en 2015 vs 17 minutes en 2012), et ont un temps de sommeil allongé le week-end (8 h 25), reflet d'une dette de sommeil durant la semaine et sont 3 fois plus nombreux à être somnolents en journée.

« L'exposition le soir, même à de faibles intensités (40 lux pour un ordinateur, 30 lux pour une tablette, 10 lux pour un téléphone) est à l'origine de la réduction et de la perturbation du sommeil, car c'est à ce moment qu'on est plus sensible à la lumière », note le Dr Claude Gronfier, vice-président de la société francophone de chronobiologie et chercheur à l'INSERM. « Cette sensibilité aux écrans est d'autant plus forte que l'exposition à la lumière naturelle est moindre en journée », ajoute-t-il, ce qui est notamment le cas pour les 18-24 ans.

Dormeurs sentinelles

L'enquête INVS/MGEN révèle en outre que les Français - qui dorment en moyenne 7 h 05 en semaine, et 8 h 10 le week-end - ne perdent pas le fil au cours de la nuit. Plus de la moitié garde leur smartphone dans leur chambre, 20 % le laissent en veille, 10 % peuvent être réveillés par des messages, qu'ils lisent dans 92 % des cas, et y répondent, dans 79 % des cas. « Cela fractionne le sommeil de ces dormeurs sentinelles », commente le Dr Royant-Parola.

La prise de conscience n'est pas totale. Si 80 % des Français pensent à se déconnecter les jours de repos ou de vacances, 18 % résistent, une proportion qui atteint 46 % chez les inactifs, et 22 % chez les jeunes. Encore 1 Français sur 10 pense qu'il faut utiliser les écrans la nuit.

« Les facteurs comportementaux sont sous-estimés dans les troubles du sommeil. Il faut pourtant rappeler que les nouvelles technologies doivent être évitées le soir pour ne pas perturber l'horloge biologique », estime le Dr Adrien, en rappelant que jamais un sommeil polyphasique (avec des siestes diurnes pour compenser les troubles nocturnes) n'est aussi réparateur qu'un sommeil monophasique, déconnecté et apaisé.

Ce 18 mars, une soixantaine de centres dans 53 villes sont mobilisés pour la journée du sommeil ; un village virtuel sommeil sera consultable sur www.journeedusommeil.org.

Source : Lequotidiendumedecin.fr
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Hervé M Médecin ou Interne 18.03.2016 à 20h06

«  ON SE REVEILLE...ET LA DMLA ALORS? »

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