Vaccination en Afrique : des efforts à poursuivre, et des financements à pérenniser

Vaccination en Afrique : des efforts à poursuivre, et des financements à pérenniser

Coline Garré
| 24.02.2016
  • VACCIN AFRIQUE

La vaccination universelle reste un défi en Afrique, où les progrès en termes de couverture tendent à s'essouffler, constate l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans son rapport « tenir la promesse : assurer la vaccination pour tous en Afrique », publié à l'occasion d'une conférence interministérielle sur l'immunisation, ces 24 et 25 février à Addis Abeba. Ce bilan intervient à mi-chemin du Plan d'action mondial pour les vaccins (GVAP), approuvé en 2012 par les 194 Etats membres de l'Assemblée mondiale de la santé.

La couverture moyenne de la troisième dose de vaccin combiné diphtérie/coqueluche/tétanos (DTC3) – utilisé pour mesurer la force des programmes de vaccination – est passée de 75 % à 80 % en 2014.

La couverture d'une dose du vaccin à valence rougeole (VER) était de 74 % en Afrique en 2014. Le nombre de décès imputables à la rougeole a baissé de 86 % entre 2000 et 2014.

Des efforts, mais qui s'estompent : moins de la moitié des pays africains ont introduit une deuxième dose de VER (pourtant nécessaire au contrôle de la rougeole) et ont atteint l'objectif du GVAP de porter à plus de 90 % la couverture du DTC3. Des disparités persistent entre les pays d'Afrique du Nord et ceux de l'Afrique subsaharienne, à la peine, ainsi qu'entre les enfants des ménages riches et pauvres, au sein des pays.

Consolider le succès de la lutte contre la polio

L'Afrique a passé un an et demi sans aucun cas de poliomyélite sauvage de type 1 (PVS1, dernier cas en Somalie le 11 août 2014), souligne le rapport – seuls l'Afghanistan et le Pakistan connaissent encore des cas de transmission. Mais il faut améliorer la couverture du vaccin antipoliomyélitique oral (VPO), introduire le vaccin antipolio inactivé (VPI) et renforcer la surveillance de l'administration des 3 doses.

La rougeole et le tétanos néonatal restent endémiques : un cinquième des pays africains doivent encore éliminer ce dernier, via la vaccination maternelle.

L'OMS salue l'action de GAVI, l'Alliance du vaccin, qui a permis l'achat de nouveaux vaccins. L'objectif du GVAP qu'au moins 90 pays en développement introduisent au moins un vaccin nouveau ou sous-utilisé est en passe d'être atteinte mondialement. L'Afrique s'est illustré par l'introduction parallèle de plusieurs nouveaux vaccins (pneumococcique conjugué et contre rotavirus, vaccin contre Haemophilus influenzae de type b, contre le méningocoque du sérogroupe A, et dans 8 pays le vaccin anti-HPV). Un essai prometteur qu'il faut transformer, estime l'OMS.

Le défi du financement

La vaccination reste l'« une des interventions les plus rentables en matière de santé publique », rappelle l'OMS. Ainsi, une augmentation de la couverture des vaccins nouveaux et sous-utilisés dans les pays éligibles au soutien de GAVI pourrait assurer un retour sur investissement de 18 % d'ici 2020.

Mais un financement supplémentaire est nécessaire, notamment pour assurer un accès équitable, poursuit l'OMS, qui encourage l'appropriation nationale des programmes de vaccination, parallèlement au soutien de GAVI. La proportion du financement fourni par les pays est restée constante entre 2010 et 2014, et varie de 0 à 100 % selon les pays. Seulement 15 pays africains assurent plus de 50 % de leurs dépenses nationales en matière de vaccination.

MSF dénonce le coût élevé des vaccins

Médecins sans frontière (MSF) dénonce de son côté l'inflation du prix des vaccins, « obstacle majeur à la généralisation de la vaccination », et regrette que cette problématique ne soit pas inscrite à l'agenda de la conférence. Le Dr Myriam Henkens, coordinatrice médicale internationale à MSF, appelle les gouvernements africains à faire pression sur les laboratoires pharmaceutiques, pour ne pas « devoir choisir de lutter contre telle ou telle maladie mortelle ».

L'ONG épingle en particulier les laboratoires Pfizer et GlaxoSmithKline qui auraient fait « plus de 30 milliards de dollars de profits » en vendant des vaccins contre la pneumonie « mais refusent de baisser le prix dans les pays en développement » de 10 dollars à 5 dollars par enfant pour les trois doses.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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