Ensemble, c’est tout. Les maisons pluridisciplinaires

Ensemble, c’est tout. Les maisons pluridisciplinaires

05.02.2016

Une « révolution des soins de proximité » est en marche pour optimiser la qualité des soins, mais aussi améliorer et coordonner le travail des professionnels de santé. Les maisons pluridisciplinaires y contribuent fortement. Leur développement se révèle très rapide : 400 en 2013, leur nombre devrait dépasser le millier en 2016.

  • Ensemble, c’est tout. Les maisons pluridisciplinaires-1

Les maisons de santé pluridisciplinaires ont le vent en poupe. Le nombre d’équipes de professionnels de santé, nichées dans les maisons et pôles de santé poursuit sa croissance : elles se comptaient sur les doigts des deux mains en 2006. En janvier 2015, 682 maisons ou pôles de santé en fonctionnement étaient identifiés par les agences régionales de santé (ARS), selon les données de Réseaux, Santé & Territoire[1]. Et les projets continuent de fleurir. Ils devraient dépasser le millier en 2016.

Une coopération multidisciplinaire pour un meilleur maillage du territoire

Selon le code de la santé publique (article L. 6323-3), « la maison de santé est une personne morale constituée entre des professionnels médicaux, auxiliaires médicaux ou pharmaciens. Ces professionnels assurent des activités de soins sans hébergement de premier recours et, le cas échéant, de second recours et ils peuvent participer à des actions de santé publique, de prévention, d’éducation pour la santé et à des actions sociales dans le cadre du projet de santé qu’ils élaborent et dans le respect d’un cahier des charges déterminé par arrêté du ministre chargé de la Santé »[2]. L’intérêt : assurer un meilleur maillage de l’ensemble du territoire, devant le peu d’attrait des jeunes professionnels de santé pour les régions sous-dotées. « C’est bien la fin de l’exercice isolé qui s’annonce en filigrane. Une équipe pluriprofessionnelle délivre des soins coordonnés autour d’un système d’information partagé. Son projet de santé définit son action pour la population de son territoire. Il est dorénavant démontré qu’une équipe en maison de santé consolide la démographie médicale sur son territoire, produit une meilleure accessibilité (organisation) et une meilleure qualité (échanges de pratiques). Et cela à moindre coût pour l’Assurance maladie », estime la Fédération française des maisons et pôles de santé (FFMPS)[3].

Des protocoles de soins partagés

« Les maisons de santé permettent la prise en charge des patients sur un territoire de santé, par la mise en place des protocoles de soins avec des pratiques communes, souligne, pour sa part, Florent Cavagna, pharmacien, vice-président de l’association chargée de la mise en place de la maison pluridisciplinaire de Belley (Ain). Par exemple, les infirmiers d’une même maison de santé s’accorderont sur une pratique commune quant à la prise en charge des escarres des personnes âgées. De leur côté, les médecins ratifieront ce protocole pour que la prise en charge soit optimisée, de manière à permettre à chacun d’apporter sa pierre à l’édifice bien souvent sous la houlette d’un prescripteur référent, c’est-à-dire un spécialiste qui supervisera le travail effectué et s’assurera qu’il s’agit bien du meilleur protocole pour la prise en charge des patients. »

Une organisation orientée vers la coordination

Les maisons et pôles de santé ont adopté le statut juridique de sociétés interprofessionnelles de soins ambulatoires (SISA). Ces dernières permettent aux équipes de percevoir des dotations et d’indemniser leurs membres pour les temps de coordination en dehors de la présence des patients, selon la Fédération française des maisons et pôles de santé (FFMPS)3. Cette structure juridique permet ainsi de récupérer les financements de l’ARS pour pouvoir les redistribuer aux différents acteurs de santé, pour les temps de coordination qu’ils vont accorder, par exemple pour la mise en place d’un protocole, pour une réunion de cas complexe…
Ainsi, encadrées par l’ARS, les pratiques des professionnels de santé et la mise en relation des différents professionnels peuvent être coordonnées. Toutefois, leur mise en place prend parfois du temps. En effet, les ARS demandent aux médecins d’assurer la continuité des soins et de s’organiser du lundi au samedi midi, non seulement pour les consultations prévues, mais aussi pour celles non programmées, sans rendez-vous. Ce qui demande une organisation huilée.

Un intérêt indéniable pour les patients 

« Les maisons de santé pluridisciplinaires permettent d’améliorer sensiblement la prise en charge, en assurant une meilleure efficience des soins, mais surtout d’assurer sur un territoire une continuité des soins. Pour faire en sorte qu’un malade, lorsque son médecin généraliste est en vacances, puisse être reçu en consultation par un autre praticien qui ait connaissance de l’ensemble du dossier et puisse prendre le relais sans qu’il n’y ait aucune rupture dans le protocole de soins, grâce aux systèmes d’information et aux pratiques communes », se félicite Florent Cavagna.
 
Outre assurer les soins, le rôle des maisons de santé va plus loin, avec des actions sur le territoire de soin comme la prévention de l’obésité chez les enfants, l’incitation au dépistage du cancer du sein et colorectal. « L’objectif : mettre en place des mesures sur le territoire et des indicateurs pour pouvoir en mesurer l’efficacité, mettre en œuvre une politique de prévention des complications des diabétiques, de manière à ce que le médecin, l’infirmier, le pharmacien, le kinésithérapeute aient un même discours, simple et clair, pour sensibiliser les personnes diabétiques », ajoute le vice-président de l’association chargée de la mise en place de la maison pluridisciplinaire de Belley. Parallèlement, les maisons de santé pluridisciplinaires et les réseaux de soin efficients bâtissent souvent des liens pour pouvoir coordonner les actions.

Un équipement informatique commun au service de la coordination

« La mise en place d’un outil informatique commun se révèle indispensable pour pouvoir coordonner les actions et communiquer entre les différents professionnels de santé. Aujourd’hui, les acteurs sur le marché proposent des solutions adaptées modulables en fonction des axes prioritaires choisis », estime Florent Cavagna. Dans la foison de logiciels proposés, pas toujours facile de distinguer le bon grain de l’ivraie. Afin d’identifier les fonctionnalités nécessaires aux solutions logicielles utilisées en maisons et centres de santé, l’ASIP Santé a donc été chargée de conduire une étude qui s’est traduite par l’élaboration d’un cahier des charges et qui s’est ensuite concrétisée par une labellisation, gage de qualité et de respect du cadre fonctionnel défini[4]. Désormais, neuf éditeurs offrent des logiciels labellisés[5]. Aux professionnels de santé de chaque maison pluridisciplinaire de faire leur choix.
 
 



Source : Lequotidiendumedecin.fr

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