Dysfonction érectile : des cellules souches pour redresser la barre

Dysfonction érectile : des cellules souches pour redresser la barre

Damien Coulomb
| 29.01.2016

La greffe de cellules souches vient de franchir une première étape dans le traitement de la dysfonction érectile consécutive à une ablation de la prostate. C'est ce que suggère une étude pilote menée sur 12 patients, publiée dans « European Urology ».

Au cours de cet essai de phase I/II dirigé par le Pr René Yiou, du service d'urologie de l'hôpital universitaire Henri-Mondor, les chercheurs ont injecté dans le corps caverneux des patients des cellules souches prélevées dans leur propre moelle osseuse, afin de réparer les lésions cellulaires péniennes causées par la prostatectomie radicale.

Le principal objectif était de vérifier la faisabilité et la tolérance de ces injections chez des patients pour qui le dysfonctionnement érectile était considéré comme irréversible, car non répondeur aux traitements classiques : injection de prostaglandines, sildénafil ou utilisation d'une pompe à érection.

 

Une amélioration dose dépendante

 

Les 12 patients ont été répartis en 4 groupes, correspondant à des doses croissantes de cellules souches injectées. Au bout de 6 mois de suivi, les auteurs observaient une amélioration significative de la qualité de leurs rapports sexuels, objectivée par la réponse à un auto-questionnaire. Le score moyen de qualité des rapports est en effet passé de 7,3/30 avant la greffe à 17,4/30 six mois plus tard. La satisfaction vis-à-vis des rapports sexuels a également augmenté (6,8/10 contre 3,8/10) de même que la qualité de l'orgasme (6,3/10 contre 3,5/10).

Le retour à la normale du fonctionnement vasculaire a été confirmé par écho-Doppler, et l'amélioration de la qualité de l'érection se maintenait un an après la greffe. Les meilleurs scores sont enregistrés chez les patients ayant reçu les doses de cellules souches les plus importantes.

Malgré ces résultats, les auteurs rappellent que « le faible nombre de patients et l'absence de groupe contrôle incitent à la prudence », bien qu'ils jugent « quasi nulle » la possibilité d'une amélioration spontanée.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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