Passer du big data au smart data favorisera le dépistage des pathologies, même rares | Le Quotidien du Médecin

Passer du big data au smart data favorisera le dépistage des pathologies, même rares

Coline Garré
| 13.01.2016
  • data

Le big data n'est pas une nouveauté. Une évolution, certes, mais pas une révolution, assure Jean-Marc Aubert, directeur services et consulting, chez IMS Health, lors des Amphis de la santé*. « Le concept existe depuis les années 1990 », précise-t-il. Il était alors question du stockage de la donnée.

Aujourd'hui, l'enjeu est d'extraire de la valeur de ces milliards de données et d'en faire une opportunité pour transformer le système de santé. Comment ?

Pour être pertinent, le big data doit d'abord « répondre aux 4 V », explique Jean-Marc Aubert : le volume des données, leur variété, leur vélocité (entendue comme leur perpétuel renouvellement) et leur véracité. « Il faut un vocabulaire commun pour rapprocher les données » insiste l'expert. 

Ensuite, de nouvelles méthodes d'analyse doivent être inventées pour passer du big data au smart data. Et la question finale, selon Jean-Marc Aubert, est la « useful » data, ou comment les données doivent être utilisées pour être prédictives et prévenir les pathologies. « On parvient actuellement à prévenir certains cancers du sein, en travaillant sur les mutations des gènes BRCA1. Dans 30 ou 40 ans, on pourra prévoir encore plus de pathologies en connectant les bases cliniques, du génotype, de l'assurance-maladie...», prédit le responsable d'IMS Health.

Nouveau modèle de preuve

Le big data en santé devrait conduire à transformer les modèles d'administration de la preuve, prédit Jean-Marc Aubert. Aujourd'hui les données de plus de 5 535 patients viennent confirmer des essais cliniques qui incluent à peine plus de 400 personnes. Mais demain, le big data pourrait aider un médecin à trouver le diagnostic d'une pathologie rare dont il n'a pas observé les symptômes sur un patient, à partir des données hétérogènes de millions de personnes.

Enfin, ces nouvelles utilisations de données - déjà en cours en oncologie, ou sur le diabète - requièrent l'acceptation de la société. « Il faut se montrer responsable et lui prouver que l'usage qu'on fait de ses données répond à des buts précis, non déviants », estime Jean-Marc Aubert. La gestion du big data sera donc « global local » et non purement global assure-t-il. Autrement dit, un monopole de Google semble peu probable.

*Les amphis de la santé sont organisés par l'Association des cadres de l'industrie pharmaceutique (ACIP), l'Essec, et « le Quotidien du médecin ».

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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