Dans l’hypertrophie bénigne de la prostate - Les indications de la vaporisation laser s’élargissent

Dans l’hypertrophie bénigne de la prostateLes indications de la vaporisation laser s’élargissent

17.12.2015

L’utilisation du laser en urologie n’est pas récente, mais les nouvelles techniques laissent présager un succès grandissant dans le traitement chirurgical de l’hypertrophie bénigne de la prostate. Le laser GreenLight permet ainsi une vaporisation du tissu prostatique sans saignement, en raison de ses propriétés hémostatiques.

  • Dans l’hypertrophie bénigne de la prostate - Les indications de la vaporisation laser s’élargissent-1

Le traitement par laser GreenLight utilise le matériel endoscopique de la résection muni d’un adaptateur pour la fibre laser. La fibre comporte un orifice de sortie du faisceau laser situé latéralement à son extrémité. Le tir laser est effectué à 2-3 mm du tissu adénomateux.

Le principe de destruction est la vaporisation du tissu par la chaleur. Les particules sont éliminées par l’irrigation continue de sérum salé utilisée pendant l’intervention. La vaporisation est effectuée à partir du centre de l’urètre vers la périphérie. La paroi de l’urètre est vaporisée permettant d’accéder au tissu adénomateux périurétral qui est vaporisé à son tour. L’espace créé ainsi par la vaporisation est anatomiquement le même que lors de la résection endoscopique classique. Le caractère complet de la vaporisation peut être contrôlé en peropératoire par la réalisation d’une échographie endorectale.

L’apprentissage de cette technique est de difficulté moyenne. Tous les urologues peuvent effectuer la transition de la résection endoscopique vers le laser GreenLight. La gestuelle du chirurgien est un peu différente mais les repères anatomiques peropératoires sont les mêmes.

En ambulatoire 1 fois sur 2.

Les propriétés hémostatiques du laser GreenLight ont conduit dès son origine à l’utiliser chez les patients sous traitement anticoagulant, antiagrégant ou avec une anomalie de la coagulation. La lenteur du traitement des premiers générateurs, initialement 80 watts puis 120, rendait ce traitement difficilement utilisable pour tous les patients, c’est-à-dire quelle que soit la taille de l’HBP. Le dernier générateur, 180 watts XPS, plus rapide, utilisé à partir de 2010, a permis d’étendre les indications de la technique et de traiter tous les patients ayant une HBP, en alternative à la résection endoscopique, ne réservant plus ce traitement aux seuls patients anticoagulés. Pour les adénomes volumineux, dont le volume est supérieur à 80-100 cm3, classiquement traités par adénomectomie chirurgicale, le laser GreenLight est également indiqué, en sachant qu’au-delà de 120 cm3 le temps de traitement dépasse 2 heures ce qui est un facteur limitant. La réalisation du geste est possible en ambulatoire chez plus de la moitié des patients.

Les résultats fonctionnels sont comparables à ceux de la résection endoscopique, mais avec des durées de sondage urinaire et d’hospitalisation plus courts. Les troubles mictionnels irritatifs, parfois rapportés avec les premières générations de laser, ne sont pas plus fréquents qu’avec la résection endoscopique, comme l’a montré l’étude Goliath (Bachmann A, et coll. J Urol 2015; 193: 570–578).

Simplifier l’évaluation.

En cas de symptômes du bas appareil urinaire (SBAU) chez l’homme, un bilan initial doit être réalisé, visant à répondre à plusieurs questions : de quels types de SBAU s’agit-il ? Quelle est la cause possible de ces SBAU ? Quelle est la gêne provoquée par les SBAU ? Existe-t-il une obstruction sous-vésicale compliquée ? (Descazeaud A, et coll. Prog Urol. 2015;25(7):404-12). L’interrogatoire, l’examen physique comprenant un toucher rectal, et l’examen d’urine par bandelette urinaire ou examen cytobactériologique constitue le bilan de première intention. Le toucher rectal étant jugé indispensable lors du bilan initial, si le praticien n’en a pas l’habitude, un avis spécialisé est justifié.

Le catalogue mictionnel est optionnel dans ce bilan initial, de même que le PSA et l’échographie de l’appareil urinaire et le dosage de la créatininémie. Le suivi d’un patient ayant des SBAU stables est uniquement clinique.

Gérard Bozet
Source : Le Quotidien du Médecin n°9459
Commenter 1 Commentaire
 
xav Médecin ou Interne 02.10.2016 à 12h53

Pourquoi ne pas parler du laser HOLEP très performant surtout pour les gros adénome

Répondre

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Cancer du col de l'utérus : le frottis permet d'éviter 9 cas sur 10

FROTTIS

« Grâce au frottis de dépistage, le cancer du col de l’utérus peut être évité dans 9 cas sur 10 », rappelle l'Institut national du cancer (I... 2

Hamon et Valls, deux candidats qui bousculent les médecins libéraux

hamon valls

Benoît Hamon a créé la surprise ce dimanche en remportant avec 36,3 % des voix le premier tour de la primaire à gauche devant l'ex-Premier... 8

Souffrance des soignants : la plateforme SPS a reçu 250 appels depuis fin novembre, surtout des femmes

sps

La plateforme d'appel* de l'association Soins aux professionnels de santé (SPS), lancée le 28 novembre et présidée par l'ancien patron du... Commenter

A découvrir

l'annuaire du-diu

GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter

imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter