La greffe du pénis va être expérimentée aux États-Unis chez 60 vétérans de guerre

La greffe du pénis va être expérimentée aux États-Unis chez 60 vétérans de guerre

08.12.2015

Des chirurgiens américains à la faculté de médecine de Johns Hopkins se préparent à effectuer une première greffe de pénis aux États-Unis. L’intervention sera pratiquée d’ici à un an, a précisé à l’AFP une porte-parole de l’hôpital de Baltimore.

Deux greffes de pénis ont déjà été réalisées dans le monde. L’une d’entre elles a été pratiquée en Afrique du Sud, en décembre 2014, et le jeune homme devrait même devenir papa d’ici à la fin de l’année, ont annoncé ses médecins en juin. L’autre greffe a été réalisée en 2006 en Chine, mais le greffon a dû être retiré en raison de problèmes psychologiques rencontrés par le patient et son épouse.

Plus d’un millier de soldats concernés

Au total, la faculté a donné son feu vert aux chirurgiens pour procéder à 60 greffes expérimentales de ce type, chez des vétérans de guerre revenant des combats blessés au niveau des parties génitales. La première greffe concernera un soldat blessé en Afghanistan, a indiqué le centre hospitalier universitaire Johns Hopkins. Le greffon proviendra d’un donneur décédé, l’opération devrait durer 12 heures et coûter 184 000 à 368 000 euros à la faculté. Les chirurgiens de Johns Hopkins ont précisé au « New York Times » qu’ils espéraient pouvoir rétablir la fonction urinaire, restaurer les sensations et la capacité d’avoir des rapports sexuels quelques mois après l’opération.

De manière générale, entre 2001 et 2013, 1 367 militaires américains déployés en Irak et en Afghanistan ont subi des blessures aux parties génitales, selon des chiffres du Pentagone cités par le journal. La quasi-totalité avait moins de 35 ans et a été blessée par l’explosion d’une bombe artisanale.

« On ne parle pas souvent de ces blessures génito-urinaires », relève le Dr Andrew Lee, chef du service de chirurgie reconstructive à Johns Hopkins, interviewé par le « New York Times ». « Ces blessures sont aussi dévastatrices que tout autre traumatisme qu’un soldat peut subir », a-t-il poursuivi, évoquant « le retour de jeunes hommes dans la vingtaine avec la région du pelvis totalement détruite ».

Une fois les 60 greffes réalisées, la faculté décidera si une telle opération peut devenir une procédure courante pour le reste de la population.

En Afrique du Sud, l’opération s’adresse en premier lieu aux centaines de jeunes hommes chez qui la circoncision – un rituel traditionnel de passage à l’âge adulte, notamment pour les membres de la tribu Xhosa – a mal tourné, menant à une amputation du membre.

Clémentine Wallace (avec AFP)
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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