Bronchite asthmatiforme : l’azithromycine précoce diminuerait le risque d’exacerbations graves chez certains enfants à risque

Bronchite asthmatiforme : l’azithromycine précoce diminuerait le risque d’exacerbations graves chez certains enfants à risque

19.11.2015

En ce lendemain de la Journée européenne d’information sur les antibiotiques au cours de laquelle l’Institut de veille sanitaire (InVS) et l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) ont appelé de nouveau à la vigilance quant à la consommation de ces médicaments, une étude américaine publiée dans le « JAMA » relance le débat de la prescription systématique d’antibiotiques chez certains enfants d’âge préscolaire.

Ces travaux montrent que l’administration précoce, - dès les premiers symptômes avant-coureurs (rhume en particulier) de bronchite sifflante - d’azithromycine à forte dose (12 mg/kg une fois par jour pendant 5 jours) a permis d’éviter de façon significative la survenue d’épisodes graves chez 607 enfants ayant des antécédents de ce type (groupe azithromycine = 300 ; groupe placebo = 300). Ce qui était intéressant, après avoir identifié et appris à repérer avec un médecin les symptômes annonciateurs, les parents donnaient de leur propre chef le traitement à leur enfant. Pour les auteurs, « plus le traitement est donné tôt, plus il a de chance d’être efficace ».

Sur les 937 épisodes respiratoires survenus chez 443 enfants, autant dans les 2 groupes (223 dans le groupe traité et 220 dans le groupe placebo), 92 étaient considérés comme graves, avec 35 épisodes dans le groupe traité et 57 dans le groupe témoin. De plus, lors d’épisodes graves, les symptômes étaient globalement moins sévères dans le groupe traité.

Action indirecte antibactérienne

Les infections respiratoires basses compliquées sont fréquentes chez les petits enfants. Entre 14 à 26 % des moins de 6 ans auraient eu plusieurs épisodes asthmatiformes. L’étiologie n’est pas complètement élucidée, comme le rappelle l’équipe de Leonard Bacharier à Saint-Louis, avec la détection fréquente de virus respiratoires dans les sécrétions nasopharyngées mais aussi de bactéries comme le Streptococcus pneumoniae et Moraxella catarrhalis.

Certains antibiotiques comme les macrolides pourraient présenter un intérêt supplémentaire non lié à l’action directe antibactérienne, via la diminution de l’inflammation neutrophilique. Les auteurs ont fait le choix d’une forte dose antibiotique « pour maximiser l’effet anti-inflammatoire », selon le Dr Bacharier, qui n’exclut cependant pas qu’« il puisse aussi marcher en prévenant ou en traitant les infections bactériennes ».

L’antibiorésistance, le facteur limitant majeur

Aussi à contre-courant que puisse paraître l’étude, il faut bien préciser qu’elle ne concerne qu’une sous-population à risque d’asthme parmi les enfants de moins de 6 ans. Il s’agit d’enfants qui avaient déjà eu des épisodes sifflants graves récurrents ayant nécessité des corticoïdes systémiques, une visite non programmée chez le médecin, un passage aux urgences ou une hospitalisation. Étaient exclus les enfants asthmatiques graves, ayant pris plus de 4 traitements corticoïdes ou ayant été hospitalisés plus d’une fois au cours de l’année, ou prenant un traitement de fond anti-asthmatique plus de 8 mois au cours de l’année. Ces résultats ne sont donc pas applicables aux enfants asthmatiques traités.

Bien entendu, comme le souligne l’éditorial lié, si l’intérêt de cette stratégie venait à se confirmer, il faudra répondre à la question principale : les bénéfices individuels sont-ils à la hauteur des conséquences pour la société en terme d’antibiorésistance ? Car, déjà sur le petit échantillon de l’étude, les auteurs ont constaté une augmentation de l’antibiorésistance chez les enfants traités mais aussi les témoins. Les auteurs affirment vouloir « rester prudent avec l’utilisation des antibiotiques. Nous ne voulons pas surconsommer ». Pour les éditorialistes, la balance n’est clairement pas positive, « tant que la population des enfants bénéficiaires ayant le risque le plus élevé n’est pas mieux définie ».

Dr Irène Drogou
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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