Consommation d’antibiotiques : légère baisse en 2014, la croissance persiste sur dix ans

Consommation d’antibiotiques : légère baisse en 2014, la croissance persiste sur dix ans

Henri de Saint Roman
| 18.11.2015
  • Consommation d’antibiotiques : légère baisse en 2014, la croissance persiste sur dix ans - 1

En cette journée européenne d’information sur les antibiotiques (18 novembre), l’Institut de veille sanitaire (INVS) et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) précisent que la consommation d’antibiotiques a légèrement baissé en France en 2014, passant de 30,1 doses définies journalières (DDJ) par tranche de 1 000 habitants en 2013 à 29 DDJ en 2014. Cette moindre consommation en 2014 est à mettre au compte d’une incidence plus faible des pathologies hivernales. En revanche, « l’évolution de la consommation au cours des dix dernières années s’inscrit toujours dans une tendance globale à la hausse (+ 7 %) ».

Craintes sur l’association amoxicilline/acide clavulanique

Parmi les classes thérapeutiques, celle des pénicillines à large spectre est de plus en plus utilisée, note le rapport. Contrairement au reste de l’Europe, la consommation de céphalosporines régresse, et celles de première et deuxième génération ne sont presque plus utilisées.

Même chose pour les macrolides et les quinolones dont la consommation recule. En revanche, le rapport s’inquiète de l’association amoxicilline/acide clavulanique, dont l’utilisation progresse, alors qu’elle est génératrice de résistances.

Les bactéries évoluent. Le pneumocoque en ville et le staphylocoque doré en milieu hospitalier voient leur résistance aux antibiotiques diminuer de façon quasi constante depuis dix ans.

En revanche, l’antibiorésistance se renforce chez les entérobactéries, et notamment chez l’Escherichia coli, responsable d’infections urinaires fréquentes en ville comme à l’hôpital.

En ville, la France vice-championne d’Europe

Globalement, note le rapport, la consommation française d’antibiotiques en ville se situait en 2013 au deuxième rang de l’Union européenne, juste derrière la Grèce. La consommation hexagonale est ainsi de 30,1 DDJ par tranche de 1 000 habitants, contre 22,4 DDJ pour la moyenne européenne.

À l’hôpital, la situation est plus difficile à analyser, note le rapport, « en raison de différences dans les champs couverts par les statistiques hospitalières d’un pays à l’autre ». Dans les établissements, la France se situerait néanmoins au cinquième rang des pays les plus consommateurs.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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