La prévalence de la souffrance psychique liée au travail en augmentation

La prévalence de la souffrance psychique liée au travail en augmentation

24.06.2015
  • La prévalence de la souffrance psychique liée au travail en augmentation - 1

Selon les données du Programme de surveillance des maladies à caractère professionnel (MCP), mes taux annuels de prévalence de la souffrance psychique liée au travail sont en hausse. Les résultats publiés ce mardi dans le « Bulletin épidémiologique hebdomadière » montrent qu’entre 2007 et 2012, le taux est passé chez les hommes salariés de 1,1 % à 1,4 %.

Chez les femmes, ce taux a progressé de 2,3 % à 3,1 % et était « chaque année, 2 fois plus élevé » que chez les hommes, relèvent Imane Khireddine et col.

Troubles anxieux et dépressifs plus fréquents

Concernant les différents troubles répertoriés, les auteurs notent un changement à partir de 2010. Jusqu’à cette date, « l’épisode dépressif léger était, pour les hommes comme pour les femmes, l’entité la plus souvent rapportée par les médecins du travail... avec plus du tiers des situations », soulignent-ils. À partir de 2011, les troubles anxieux et dépressifs mixtes arrivent en tête dans les 2 sexes, « représentant également plus d’un tiers des affections déclarées », précisent Imane Khireddine et col.

Le burnout et les états de stress post-traumatique ont aussi augmenté mais leur part est moindre. Les auteurs soulignent que la frontière entre dépression et burnout est « fragile » - dans le burnout, la composante du lien avec le travail est essentielle et obligatoire. Les deux troubles peuvent se succéder (le burnout peut s’aggraver en dépression et les antécédents de dépression sont un facteur de risque de burnout).

Le diagnostic de « stress lié à l’emploi » a, lui « considérablement chuté », poursuivent les auteurs, ce qui est en faveur d’une amélioration de la qualité du signalement des pathologies mentales.

Concernant la répartition des diagnostics, les conduites addictives et les troubles du sommeil étaient le plus souvent signalés par les hommes, les épisodes dépressifs légers et les troubles anxieux et dépressifs mixtes chez les femmes.

Salariés et médecins plus sensibilisés

La prévalence de la souffrance psychique augmente avec l’âge : elle est 7 fois plus élevée chez les hommes de 45 à 54 ans par rapport au moins de 25 ans.

Les tendances à la hausse observées peuvent s’expliquer, selon Imane Khireddine et col. par la « plus grande couverture médiatique des pathologies liées au travail » qui conduirait à une plus forte sensibilisation des salariés et donc à une « libération de la parole auprès des médecins du travail ». De leur côté, les médecins plus attentifs au problème - sensibilisés par les médias grand public et spécialisés et par les ressources universitaires, les sociétés savantes et aussi par les médecins inspecteurs du travail - sont plus enclins à rapporter ce type de pathologie.

Les auteurs n’excluent pas l’hypothèse d’une détérioration des conditions de travail, notamment celles liées à l’organisation du travail et au durcissement des relations à la fois entre collègues et avec la hiérarchie.

Dr Lydia Archimède
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 4 Commentaires
 
JEAN B Médecin ou Interne 25.06.2015 à 08h48

« Sans nier les dysfonctionnements qui sont à corriger, parfois à condamner, rappelons nous que la fonction crée l'organe : l'amplification médiatique, et politique parfois, de la fonction de travail Lire la suite

Répondre
 
Frédérique N Médecin ou Interne 25.06.2015 à 11h08

« C'est évident ! Et si le burn out est reconnu en maladie professionnelle , les syndromes d'épuisement au travail vont se multiplier à l'infini pour le plus grand désespoir des médecins traitants , d Lire la suite

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T Médecin ou Interne 24.06.2015 à 20h20

« Les auteurs n’excluent pas l’hypothèse d’une détérioration des conditions de travail, notamment celles liées à l’organisation du travail et au durcissement des relations à la fois entre collègues et Lire la suite

Répondre
 
T Médecin ou Interne 24.06.2015 à 20h14

« Les auteurs n’excluent pas l’hypothèse d’une détérioration des conditions de travail, notamment celles liées à l’organisation du travail et au durcissement des relations à la fois entre collègues et Lire la suite

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