70 % des Français remettent en question la liberté d’installation des médecins !

70 % des Français remettent en question la liberté d’installation des médecins !

Anne Bayle-Iniguez
| 13.05.2015
  • 70 % des Français remettent en question la liberté d’installation des médecins ! - 1

La Fédération hospitalière de France (FHF) publie ce mercredi son second observatoire annuel de l’égalité d’accès aux soins*. Revue de détails des points les plus saillants de cette vaste enquête.

Déserts médicaux : un Français sur cinq renonce aux soins en raison de l’éloignement

L’étude de la FHF souligne qu’un Français sur cinq a déjà renoncé aux soins en raison de l’éloignement géographique. 69 % d’entre eux avouent même avoir eu des difficultés à trouver un professionnel de santé disponible « dans un délai acceptable dans leur zone ». 65 % considèrent qu’il n’y a pas assez d’hôpitaux.

Des mesures coercitives sur l’installation des médecins sont-elles nécessaires pour lutter contre la désertification ? Sept Français sur dix estiment qu’il faut s’assurer d’une répartition équitable des médecins sur le territoire, « quitte à leur imposer leur lieu d’exercice ». À l’inverse, 29 % pensent que les médecins doivent conserver leur liberté d’exercice, « même si cela doit entraîner leur inégale répartition sur le territoire ».

Le remboursement par la Sécu sanctuarisé, les mutuelles boudées

Les sondés pointent également des inégalités d’accès aux soins d’ordre financier. Un Français sur deux a déjà renoncé à consulter, se soigner ou à réaliser des examens en raison du coût. 46 % considèrent que « le coût mensuel de leur mutuelle n’est pas acceptable, compte tenu du niveau de remboursement dont ils pourraient bénéficier ».

De fait, trois Français sur quatre rejettent toute réforme immédiate qui consisterait à augmenter le niveau des cotisations aux mutuelles. Dans la même veine, 74 % estiment ni souhaitable ni indispensable de diminuer les niveaux de remboursement de la Sécu.

Regard inquiet sur l’hôpital de demain

89 % des Français ont « tout à fait » ou « plutôt » le sentiment que l’hôpital est en danger. Leur inquiétude porte sur le manque de personnels (cité par 70 % d’entre eux) et les exigences de rentabilité économique (58 %). Un Français sur deux estime même qu’il n’est plus possible de faire davantage d’économies sans nuire à la qualité des soins. Leur crainte porte aussi sur la fermeture à venir des services hospitaliers (31 %).

Cependant, la question de l’attractivité et du « manque d’envie » des médecins à exercer à l’hôpital n’est citée que par 13 % d’entre eux.

Ce ressenti n’empêche pas une opinion très positive des Français sur l’hôpital d’aujourd’hui. Huit sur dix ont une bonne image de l’hôpital (84 %) et des cliniques (83 %). Seulement 10 % ont songé à aller se faire soigner à l’étranger, indique le sondage. 91 % jugent ainsi que les hôpitaux offrent des soins de qualité.

La chirurgie ambulatoire divise encore

Une majorité de Français (58 %) se dit favorable au recours à l’hospitalisation à domicile (HAD) « chaque fois que cela est possible ». Le recours à la chirurgie ambulatoire de façon plus systématique n’est en revanche plébiscité que par 44 % d’entre eux.

Sur les questions d’actualité, près de la moitié des sondés (48%) des sondés jugent que la suppression des 35 heures à l’hôpital public n’est ni souhaitable, ni indispensable à l’ hôpital public.

Près d’un sondé sur deux également (48 %) s’oppose à l’allongement de l’âge de départ en retraite à l’hôpital public, notamment prévu pour les médecins dans le projet de loi de santé.

Mieux réguler l’accès aux urgences

Interrogés sur leur première réaction face à un « problème bénin », huit Français sur dix prennent rendez-vous avec leur médecin généraliste. Mais si ce dernier est absent, 48 % préfèrent se rendre à l’hôpital ou aux urgences et 24 % appellent carrément le SAMU.

À noter que face au risque d’engorgement des urgences, 57 % des Français jugent « souhaitable et indispensable » l’instauration d’un paiement « minimum » pour une visite aux urgences si le problème de santé peut être traité par un médecin généraliste. Autre signe de cette prise de conscience de la saturation des urgences hospitalières, 56 % des Français jugent souhaitable et indispensable de rendre obligatoire la consultation chez un généraliste avant un passage aux urgences « en cas de léger problème de santé ».

* Enquête IPSOS réalisée avec un échantillon de 1 001 Français de plus de 18 ans, interrogés en ligne du 10 au 16 avril 2015 (méthode des quotas)
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 30 Commentaires
 
hérodottt Médecin ou Interne 19.05.2015 à 12h14

« Et pour FH, la haine de son père ? »

Répondre
 
hérodottt Médecin ou Interne 19.05.2015 à 12h13

« Non. »

Répondre
 
VINCENT A Médecin ou Interne 16.05.2015 à 11h28

« Dans un monde idéal pour certains patients, les médecins devraient être joignables 24h sur 24 dimanches et jours fériés..ils devraient se rendre immédiatement chez eux pour le moindre petit bobo, av Lire la suite

Répondre
 
Brice Médecin ou Interne 16.05.2015 à 16h07

« Oui mais ça, tant qu'on n'est pas médecin, et même médecin généraliste, on ne peut pas le comprendre. Les salaires des français sont bas, et plutôt que de vouloir gagner plus soit en faisant des étu Lire la suite

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yannick j Médecin ou Interne 16.05.2015 à 11h22

« 80% des français remettent en cause la présidence de F Hollande.....et il est toujours là. »

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Un médecin Médecin ou Interne 16.05.2015 à 08h59

« Dissoudre la sécurité sociale et généraliser les assurances privées. C'est la réponse adéquate au consumérisme. Les gens payent bien leurs clopes ou leur cannabis, leur plombier ou leur coiffeur. Il Lire la suite

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