Le cerveau, une « niche écologique » du VIH

Le cerveau, une « niche écologique » du VIH

30.03.2015
  • Le cerveau, une « niche écologique » du VIH - 1

Le VIH est capable de se répliquer et d’évoluer de manière totalement indépendante dans le cerveau de certains patients lors des premiers stades de l’infection, selon une étude parue dans « PLOS Pathogens ».

Le Dr Christa Bucheit Sturdevant, de l’université de Caroline du Nord, et ses collègues, ont effectué des prélèvements sanguins et de liquide céphalorachidiens chez 72 patients au cours de leurs deux premières années d’infection par le VIH-1, avant qu’ils ne soient traités. Plusieurs autres prélèvements ont ensuite eu lieu après l’initiation du traitement.

Les chercheurs ont détecté des traces d’inflammations transitoires et de réplications virales dans le liquide céphalorachidien de 30 % des patients de l’étude. Ces traces de réplications persistaient dans le cerveau d’environ 16 % des patients plusieurs mois après le début du traitement.

Des évolutions parallèles

L’analyse des échantillons prélevés chez 33 patients de l’étude a été poussée un peu plus loin, avec une comparaison des phénotypes et des génotypes des populations de virus présentes dans le sang et dans le LCR. Dans 20 % des cas, les copies présentes dans le cerveau se répliquaient de façon autonome : leur nombre augmentait sans qu’il y ait nécessairement un afflux de lymphocytes infectés dans le cerveau. Le rythme de réplication était même plus soutenu dans le cerveau que dans le sang chez deux patients.

Par ailleurs, les génomes des copies de virus retrouvées dans le LCR de ces patients avaient suivi une évolution parallèle à celle des copies retrouvées dans le reste du corps, aboutissant à l’établissement de deux populations distinctes. Ces données montrent que le cerveau peut devenir un réservoir indépendant de VIH.

Un délai de quatre mois

Au sein des patients de l’étude, le VIH s’installait dans le cerveau au plus tôt 140 jours après l’infection. Les auteurs estiment donc qu’un traitement initié moins de trois mois après le début de l’infection pourrait empêcher l’établissement d’un réservoir viral dans le cerveau.

« Nos résultats soulignent l’importance du traitement précoce de l’infection par le VIH, commentent les auteurs, tout retard augmente le risque de voir le virus se réfugier dans le tissu cérébral et y causer des dommages. » Des études plus anciennes avaient en effet déjà montré que la présence de VIH dans le cerveau pouvait provoquer des problèmes neurologiques. D’autres recherches devront être menées pour déterminer si ces dommages causés par l’inflammation sont réversibles ou non.

Damien Coulomb
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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