Ces manifestations qui ont marqué l’histoire médicale

Ces manifestations qui ont marqué l’histoire médicale

13.03.2015
  • Ces manifestations qui ont marqué l’histoire médicale - 1

La manifestation nationale organisée à l’appel des internes et des chefs de cliniques, et à laquelle se sont ralliés les médecins libéraux et les étudiants, rassemblera à Paris ce dimanche des dizaines de milliers d’opposants au projet de loi de santé. Elle s’inscrit dans la lignée de plusieurs rassemblements historiques. « Le Quotidien » revient sur quatre grandes manifestations qui ont marqué la profession depuis 1980.

• Jeudi 5 juin 1980 : un an avant l’élection présidentielle qui verra la victoire du socialiste François Mitterrand, plusieurs milliers de médecins libéraux (entre 2 000 et 5 000) défilent à l’appel de la CSMF entre le boulevard Duquesne et le boulevard des Invalides pour contester le projet de nouvelle convention médicale et plus particulièrement la possibilité de « conventions individuelles » et la création du secteur II. « Un défilé bon enfant et déterminé, relate « le Quotidien ». Bon enfant parce que ces médecins choisirent, pour flétrir la convention, l’humour et l’ironie voyeuse. On avait amené là un cercueil drapé de noir accompagné de l’épitaphe : " A ma médecine libérale regrettée. Giscard 1981." » Devant le refus successif du ministre de la Santé Jacques Barrot puis du Premier ministre Raymond Barre, de recevoir une délégation de manifestants, le cortège décida de se diriger vers l’Élysée. Sur le pont Alexandre III, des heurts brefs mais violents opposent forces de l’ordre et médecins. Deux journalistes et cinq médecins sont blessés. La CSMF dénonce des « brutalités policières inadmissibles » et prédit : « les médecins se souviendront ». « Cette journée marque une rupture : désormais, les rapports entre le corps médical et les pouvoirs publics seront beaucoup plus tendus que par le passé », résume le Dr Patrick Carlioz, dans son ouvrage « Du syndicalisme à la convention : histoire d’un long fleuve pas si tranquille »*.

• Mardi 11 juin 1991 : Des dizaines de milliers de médecins et de professionnels de santé (infirmiers, pharmaciens, praticiens hospitaliers...) manifestent dans la capitale à l’appel du CNPS et du collectif "Action santé" contre la politique de maîtrise des dépenses de santé menée depuis plusieurs mois par le gouvernement. Ils pointent le risque de « rationnement des soins » que menace d’entraîner une telle réforme. Ils dénoncent également l’absence de revalorisation tarifaire, les contrats de santé entre les médecins et leurs patients et les projets d’enveloppes globales des dépenses.

• Dimanche 10 mars 2002 : Après des mois de conflit avec les pouvoirs publics (grève des gardes et de télétransmission), des milliers de médecins - essentiellement généralistes - et professionnels libéraux, dentistes, infirmiers, ambulanciers, kinésithérapeutes, pharmaciens... (13 000 selon la police, 40 000 selon les organisateurs), défilent à Paris pour demander une revalorisation de leurs honoraires et une amélioration de leurs conditions de travail. Les médecins réclament à cor et à cri le passage de la consultation à 20 euros (une revalorisation dérisoire a porté deux mois plus tôt le C à 18,50 euros). À quelques semaines de l’élection présidentielle, le mouvement de protestation des médecins prend un tour politique. Et Roselyne Bachelot, alors porte-parole du candidat Jacques Chirac, n’attend pas 24 heures pour s’engager sur le C à 20 euros. Le 1er juillet 2012, le tarif de la consultation est effectivement porté à 20 euros.

• Jeudi 10 octobre 2007 : Quelques mois après l’élection de Nicolas Sarkozy à l’Élysée, entre 7 500 et 10 000 internes, chefs et étudiants défilent dans les rues de la capitale à l’appel de l’ISNIH, ISNAR-IMG, l’ISNCCA le SNJMG et l’ANEMF. Ces organisations de jeunes sont mobilisées pour demander la suppression deux articles du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2008 qui prévoient de « revoir les conditions auxquelles est soumis le conventionnement en fonction de la densité de la zone d’exercice ». La liberté d’installation est en jeu.

Le 24 octobre, ils sont à nouveau entre 10 000 et 20 000 à défiler dans les rues de la capitale. La nouvelle génération obtiendra le retrait des mesures coercitives à l’installation, et la tenue d’états généraux, préludes à la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST). Quelques semaines plus tard, Nicolas Sarkozy promet que les étudiants, internes et chefs seront associés aux négociations conventionnelles.

* www.carlioz.info. août 2013 - 35 euros
Christophe Gattuso
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 8 Commentaires
 
14.03.2015 à 11h25

« Et le 30 septembre 2014 contre la loi Macron.... »

Répondre
 
14.03.2015 à 09h15

« La manif de 91 était gigantesque ! ce fut le dernier soubresaut .... »

Répondre
 
14.03.2015 à 09h03

« MST devient TMS (Terminator Médical System) - Adieu mon bon généraliste ; qu'il soit de ville ou de campagne , il a vécu le "vieux", il sera remplacé .Dernier rempart d'un monde déshumanisé il s'en Lire la suite

Répondre
 
14.03.2015 à 12h54

« Est-ce MST qui est derrière cette loi ?
Il ne faudrait pas se tromper de cible !
Elle ne fait qu'exécuter les basses œuvres.
Le vrai responsable de cette loi est le PS qui l'a magnifiquement concoct Lire la suite

Répondre
 
14.03.2015 à 14h51

« Bien d'accord avec vous . »

Répondre
 
14.03.2015 à 09h02

« "Liberté de prescrire, Liberté de soigner, Liberté de s'installer,non à une médecine étatisée". La dette hospitalière = 130 milliards d'euros, les déficits sociaux et la loi Santé en projet sont une Lire la suite

Répondre
 
14.03.2015 à 07h01

« Lacunes volontaires ?
juin 1991 avec MAUDRUX (Action Santé) : 100 000 personnes
17 novembre 1991 idem, Action Santé, CNPS : 300 000 personnes »

Répondre
Voir tous les commentaires

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Docétaxel : 48 décès en 20 ans selon l'enquête de pharmacovigilance

docetaxel

Les résultats consolidés de l'enquête nationale de pharmacovigilance diligentée par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des... 1

L'ordonnance très libérale de la patronne de l'iFRAP pour « sauver la santé »

Agnès Verdier-Molinié

Agnès Verdier-Molinié ne manque pas d'idées. La directrice de la Fondation iFRAP, think tank libéral qui étudie l’efficacité des politiques... 16

Des médecins de Pau pétitionnent contre les pénalités visant les patients « hors parcours »

petition

« Nous demandons un moratoire pour stopper les sanctions financières dont sont victimes les patients ne trouvant pas de médecin traitant. »... 5

A découvrir
l'annuaire du-diu
GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter
imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter