La vaccination contre le papillomavirus ne favorise pas les comportements à risque

La vaccination contre le papillomavirus ne favorise pas les comportements à risque

11.02.2015

Les jeunes filles vaccinées contre le papillomavirus ne courent pas davantage de risque d’infection sexuellement transmissible (IST), selon un article paru lundi sur le site du « Jama Internal Medicine ». Ces résultats indiquent que la vaccination ne semble pas influencer leur comportement sexuel de manière négative : être vaccinée ne modifierait pas leur perception du risque.

Un taux plus élevé au départ

Le Dr Jena Anupam, de l’école médicale de Harvard, et ses collègues se sont appuyés sur une base de données établie par des compagnies d’assurance. Ils ont regroupé les informations sur plus de 200 000 femmes de 12 à 18 ans, dont 21 000 étaient vaccinées. Au cours de l’année précédant l’immunisation, les auteurs ont répertorié 94 cas de gonorrhées, d’herpès, de syphilis ou d’infections à chlamydia ou VIH, parmi les jeunes filles vaccinées, soit un taux de 4,3 pour 1 000. Dans le groupe non vacciné, ce taux était significativement plus faible : 2,8 pour 1 000. Pour expliquer cette différence, les auteurs avancent l’hypothèse que les jeunes filles vaccinées avaient une plus forte probabilité d’être sexuellement actives que celles qui ne l’étaient pas.

Des dynamiques épidémiologiques identiques

Malgré ce taux de départ plus élevé dans le groupe vacciné, les auteurs soulignent que la vaccination ne modifie pas la dynamique des IST. Au cours de l’année suivant l’inoculation, le taux était de 6,8 pour 1 000 dans le groupe vacciné, contre 4,2 pour 1000 dans le groupe non vacciné sur la même période. Les deux groupes présentent donc des augmentations similaires, de l’ordre de 50 %, de leurs taux d’IST. L’évolution de ces taux d’infection n’était pas statistiquement différente entre les deux groupes, quelle que soit la tranche d’âge considérée.

« C’est une bonne chose de pouvoir rassurer les parents, les médecins et les pouvoirs publics sur le fait que la vaccination anti-HPV ne favorise pas les pratiques sexuelles à risque », se réjouit le Dr Jena Anupam.

Depuis l’introduction du Gardasil aux États-Unis, en 2006, seulement 57,3 % des jeunes filles ont été vaccinées, en partie à cause de croyances sur l’impact supposé de la vaccination sur leurs comportements sexuels. En France, la couverture vaccinale est également très faible : inférieure à 30 %.

Damien Coulomb
Source : Lequotidiendumedecin.fr
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