Dépendance : les Français aisés plus enclins à déléguer la prise en charge d’un proche

Dépendance : les Français aisés plus enclins à déléguer la prise en charge d’un proche

15.12.2014
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Le regard des Français sur la prise en charge de la dépendance est intimement lié à leur niveau de vie, révèle le dossier « solidarité et santé » de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) de décembre 2014, construit à partir de son baromètre d’opinion*.

Les Français sont 63 % à ne pas envisager vivre eux-mêmes dans un établissement pour personnes âgées. Cette forte réticence au placement en institution se retrouve en cas de proches dépendants : seulement 19 % des Français évoquent l’hypothèse d’un placement en institution dans cette hypothèse. Six Français sur 10 déclarent privilégier le maintien à domicile en cas de proche dépendant (soit par l’accueil chez eux, soit par une aide au domicile de cette personne).

Les familles les plus aisées sont plus enclines à penser à l’institution pour leurs proches : 23 % y songent chez les 20 % de Français les plus riches, contre 14 % chez les moins fortunés. Une option qu’elles choisissent aussi pour elles : 44 % d’entre elles considèrent qu’il est envisageable de vivre en EHPAD, contre 28 % chez les plus modestes.

73 % des Français veulent un financement public de la dépendance

Sept Français sur 10 estiment que les pouvoirs publics devraient prendre en charge les âgés dépendants, loin devant les familles et les enfants (cités par 21 % des enquêtés), les compagnies d’assurances (4 %) et les associations (2 %).

Sans surprise, les plus riches se montrent davantage disposés à épargner ou à cotiser pour la dépendance. Quelque 76 % consentent à épargner, contre seulement 58 % pour les ménages moins aisés. Ils sont aussi plus nombreux (4 sur 10) à se dire favorables à une cotisation publique obligatoire pour la dépendance.

En moyenne, 65 % des Français refusent une baisse des prestations liées à la dépendance compte tenu de leur niveau de ressources, même au profit d’une réduction de leurs cotisations ou de leurs impôts. Les personnes défavorisées se montrent les plus attachés à ce maintien.

Enfin, huit Français sur 10 souhaitent que l’aide financière publique pour compenser les surcoûts de la dépendance soit ciblée sur les personnes aux revenus les plus faibles, conformément à ce qui existe aujourd’hui à travers l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) à domicile, prestation dégressive en fonction du revenu.

* Enquête de suivi de l’opinion des Français sur leur santé, la protection sociale, et les inégalités, commandée tous les ans depuis 2000, réalisée par l’Institut BVA, en face-à-face auprès d’un échantillon représentatif de 4 000 personnes.

Coline Garré
Source : Lequotidiendumedecin.fr
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